Le coût des aides destinées à compenser les troubles anxieux au Royaume-Uni a atteint des niveaux vertigineux, révélant les failles d'un système de protection sociale qui peine à concilier générosité et responsabilité. Selon des données inédites, les versements liés à l'anxiété au titre de l'Allocation pour l'Indépendance Personnelle (PIP) ont bondi de moins de 100 millions de livres en 2019 à près de 427 millions l'an dernier, sans que les bénéficiaires ne soient tenus de fournir un diagnostic médical formel.
Cette enveloppe colossale, versée à un rythme de 800 livres sterling par minute, illustre l'absence de plafond de ressources pour cette prestation. Un directeur d'entreprise en activité sur un salaire à six chiffres peut ainsi prétendre aux mêmes aides qu'une personne sans emploi, sous réserve de démontrer, par un simple carnet personnel ou une lettre d'un proche, les répercussions de son trouble sur son quotidien. Le montant maximal, pouvant atteindre 194 livres par semaine, est attribué sans qu'aucune consultation médicale ne soit exigée.
Un système sans garde-fous ni contrôles efficaces
Les règles actuelles, jugées trop laxistes par de nombreux observateurs, autorisent en effet l'accumulation de points sur douze critères liés aux activités quotidiennes et à la mobilité, comme le besoin d'encouragement pour socialiser ou des difficultés mineures à préparer un repas. Seuls huit points sur un total de 72 suffisent à ouvrir droit à l'aide, tandis que les troubles psychiatriques, désormais responsables de plus de 40 % des demandes de PIP, bénéficient d'une prise en charge toujours plus généreuse depuis la crise sanitaire.
Un secteur informel prospère s'est développé autour de ces aides, avec des sociétés privées non régulées proposant aux demandeurs un accompagnement payant, prenant jusqu'à 60 % des sommes récupérées. Sur les réseaux sociaux, des comptes influents dispensent même des conseils pour maximiser ses chances de succès, tandis que des intelligences artificielles génèrent des réponses types pour remplir les formulaires, malgré l'absence de preuves médicales. Des exemples récents, comme celui d'une femme de 33 ans ayant perçu 23 000 livres tout en voyageant en Mexique ou fréquentant parcs d'attractions, illustrent les dérives d'un système où la fraude et l'exagération prospèrent.
L'explosion des dépenses et ses conséquences sur les finances publiques
Les chiffres, pourtant alarmants, ne suffisent pas à faire plier les oppositions politiques. En 2025, le Premier ministre Keir Starmer a dû renoncer à ses réformes visant à durcir les critères d'éligibilité, après une fronde de 126 députés travaillistes craignant de pousser des personnes handicapées dans la précarité. Une décision qui a coûté cher aux finances publiques, alors que le coût total des aides PIP pourrait atteindre 38 milliards de livres annuelles d'ici cinq ans, contre 26 milliards aujourd'hui.
- Daily Mail
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