Alfredo Cospito, condamné pour des attentats à l'explosif commis en 2006 et 2012, pourrait voir son maintien en régime de haute sécurité prolongé au-delà du 4 mai. Ce dispositif, comparable à l'isolement cellulaire le plus strict, interdit toute activité culturelle ou sociale aux détenus. Ses partisans, qui dénoncent une « torture psychologique », scandent désormais des slogans comme « Contre le 41 bis, l'État torture. Alfredo libre » ou « Si nous vivons, c'est pour faire sauter la tête des rois », en référence explicite à Sara Ardizzone et Alessandro Mercogliano, morts dans l'explosion accidentelle d'un engin à Rome il y a deux semaines.
Ces deux militants, qui préparaient une action contre le commissariat de Rome Tuscolano, sont désormais considérés comme des figures emblématiques par la mouvance anarchiste. Un nouveau groupe a d'ailleurs revendiqué l'attentat perpétré en Grèce fin mars contre la résidence d'un responsable universitaire à Athènes, marquant une internationalisation des luttes radicales. La mobilisation italienne, portée par une cinquantaine de manifestants réunis hier en assemblée publique à Rome, s'appuie sur la médiatisation des conditions de détention de Cospito, dont le jeûne prolongé a sensibilisé l'opinion publique à la question du 41 bis.
Un réseau anarchiste en expansion
« Si aujourd'hui davantage de personnes connaissent l'inhumanité de ce régime, où le détenu n'a même pas le droit de lire un livre ou de regarder un arbre, c'est grâce à l'action d'Alfredo », a déclaré un porte-parole lors de la réunion. Les organisateurs refusent l'idée d'un nouveau jeûne de protestation, tout en exigeant une remise en cause immédiate de ce dispositif controversé. La manifestation prévue le 18 avril à Rome s'annonce comme un moment clé pour cette frange radicale, qui entend transformer cette cause en symbole de résistance contre l'État.
L'épreuve de force entre radicalité et institutions
Cette affaire révèle une fracture profonde entre une partie de la société civile et les institutions judiciaires, où la question du régime 41 bis cristallise les tensions. Entre condamnations pour terrorisme et dénonciations de pratiques carcérales, le débat dépasse désormais le seul cas de Cospito pour interroger les limites de l'État de droit. Les prochaines semaines s'annoncent décisives, tant pour l'avenir du militant anarchiste que pour l'équilibre des libertés en Italie et en Europe. Les autorités devront composer avec une mouvance radicale qui, malgré son isolement numérique, cultive une détermination à toute épreuve, nourrie par le souvenir de ses martyrs et l'indignation face à ce qu'elle qualifie d'oppression systémique.
- Il Giornale
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