Le détroit d'Ormuz, artère vitale du commerce mondial, est désormais au cœur d'une crise énergétique majeure. Avant son blocage par les tensions géopolitiques, 20 à 25 % de la production mondiale de pétrole et de gaz transitaient par cette voie. À ce verrouillage s'ajoute une baisse de production dans les pays producteurs voisins, aggravant encore la situation pour l'Europe et le reste du monde. Les premiers bombardements américano-israéliens du 28 février ont marqué le début d'une escalade aux répercussions immédiates.

La facture se chiffre déjà à plus de 24 milliards d'euros supplémentaires dépensés par l'Union européenne depuis le début du conflit, selon la Commission européenne. Le baril de pétrole a franchi la barre des 100 dollars, contre 70 avant la crise, tandis que les prix à la pompe atteignent désormais 2 euros pour l'essence et dépassent 2,20 euros pour le gazole. Le commissaire européen à l'énergie, Dan Jorgensen, a comparé l'ampleur de cette crise à celle du choc pétrolier de 1973 combiné à la guerre en Ukraine, soulignant son caractère durable.

L'Europe étranglée par la hausse des prix énergétiques

Deux menaces majeures pèsent désormais sur l'économie européenne. D'abord, une potentielle pénurie de kérosène menace le transport aérien. L'Europe, qui importe 70 % de son carburant pour avions, voit déjà certaines compagnies aériennes augmenter leurs tarifs ou annuler des vols. Le groupe allemand Lufthansa a annoncé la suppression de 20 000 vols jusqu'en octobre. Ensuite, les réserves de gaz de l'Union européenne, à peine remplies à 30 % en moyenne, risquent de ne pas suffire à couvrir la demande hivernale. À la même période en 2024, elles atteignaient 60 %.

Pénuries et réserves à bout de souffle

Les dégâts causés aux infrastructures énergétiques au Moyen-Orient, estimés à plusieurs dizaines d'installations endommagées, compliquent toute reprise rapide. Même en cas de cessez-le-feu, la reconstruction prendra des mois, voire des années, maintenant une pression constante sur les marchés. Face à cette situation, la Commission européenne a déjà validé plus de 120 mesures de soutien dans 22 États membres, tout en appelant à accélérer les investissements dans les énergies renouvelables pour réduire la dépendance aux hydrocarbures.

Sources :
  • Decryptage NATIONO

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