Le département de la Sécurité intérieure américain (DHS) a directement interpellé sur X (ex-Twitter) la chaîne ABC7 Eyewitness News, basée à Los Angeles, l'accusant de censure idéologique pour avoir utilisé l'intelligence artificielle afin d'éditer ses communiqués dans le cadre d'une couverture sur des opérations d'immigration menées jeudi dernier. Le DHS affirme que la chaîne a ainsi « déformé » ses déclarations pour les adapter à une narration biaisée, omettant notamment des éléments cruciaux comme le passé criminel de certains individus arrêtés ou leur statut d'immigration irrégulière.

Les échanges publics entre les deux parties révèlent des désaccords profonds sur la retranscription d'une opération d'arrestation menée en marge d'un tribunal de Rancho Cucamonga, dans la banlieue est de Los Angeles. Le DHS avait transmis à ABC7 une réponse détaillée concernant l'arrestation de plusieurs hommes, mais la chaîne aurait modifié cette version en remplaçant par exemple l'expression « étrangers en situation irrégulière condamnés » par « individus » ou en supprimant la mention selon laquelle ces personnes avaient été « libérées par l'administration Biden » après être entrées illégalement sur le territoire.

Des arrestations controversées et des témoignages alarmistes Le reportage diffusé par ABC7, accompagné d'images des arrestations, mettait en avant le témoignage de Hector Pereyra, militant des droits des immigrés et porte-parole de l'Inland Coalition for Immigrant Justice. Celui-ci mettait en garde contre une possible escalade de la violence, affirmant que « les arrestations en cours pourraient aggraver la situation, car les agents fédéraux sont formés pour intensifier les tensions plutôt que pour les désamorcer ». Les images montraient effectivement des scènes de poursuite pour maîtriser certains suspects, renforçant l'impression d'une opération musclée. Dans une publication ultérieure, le DHS a rétorqué que la chaîne avait « honteusement menti » en affirmant qu'il n'avait pas répondu à sa demande d'information.

Sur son site internet, ABC7 a finalement publié, après la polémique, la réponse intégrale et non modifiée du DHS à sa demande d'information. Parmi les trois personnes arrêtées jeudi, deux figuraient dans les registres du DHS comme des étrangers en situation irrégulière condamnés pour des faits graves. Godofredo Chiquete-Lopez, originaire du Mexique, avait été arrêté pour agression avec arme blanche et délit de fuite, avant d'être libéré par les autorités locales malgré une demande de transfèrement vers le DHS. Alexander Pacheco-Sabogal, originaire de Colombie, avait été libéré en 2022 par l'administration Biden après avoir été arrêté pour violences, malgré un ordre d'expulsion émis en 2023.

L'impact des politiques locales sur la sécurité nationale Selon le DHS, ces échecs à coopérer avec les autorités fédérales en matière d'immigration ont des conséquences concrètes pour la sécurité des citoyens américains. Un porte-parole du département a souligné que sept des dix villes les plus sûres des États-Unis collaborent avec les services d'immigration, tandis que les politiques de sanctuaire exposent les populations à des risques accrus de criminalité. Les arrestations de jeudi concernaient trois hommes entrés illégalement aux États-Unis et libérés par les autorités locales malgré des antécédents judiciaires ou des ordres d'expulsion en cours. Ces dysfonctionnements administratifs, selon le DHS, illustrent les tensions croissantes entre les États et le gouvernement fédéral sur la question migratoire, mettant en lumière l'urgence d'une coordination renforcée pour préserver l'ordre public.

Sources :
  • Breitbart

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