La mort de Lyhanna, 11 ans, découverte le 4 juin par les enquêteurs, a déclenché une vague de colère contre les défaillances judiciaires. L’autopsie n’a pu déterminer les causes exactes de son décès, contraignant les légistes à recourir à des examens complémentaires. Une procédure classique pour les homicides, mais qui ne suffit pas à apaiser les familles et l’opinion publique.

Frédéric Chevallier, président de la conférence nationale des procureurs, a tempéré les ardeurs sur RMC : « En responsabilité, la colère est souvent mauvaise conseillère ». Ses propos interviennent après l’injonction de Gérald Darmanin aux magistrats de traiter « l’intégralité des plaintes concernant les enfants » — soit quelque 70 000 dossiers — avant le 14 juillet.

La colère des familles face à l’impunité

François-Xavier Bellamy, vice-président des Républicains, a dénoncé « un système d’irresponsabilité » et une « faillite collective » après ce drame. Il rappelle que Lyhanna n’est pas la première victime : Élias, Lola, Philippine… La liste des jeunes disparus ou tués s’allonge depuis des années, alimentant un sentiment d’impunité.

« Un système d’irresponsabilité » : l’accusation de François-Xavier Bellamy résume l’état d’esprit.

Les examens complémentaires, réalisés par des anatomopathologistes, permettent d’identifier des lésions invisibles à l’œil nu. Le docteur Emmanuel Margueritte, médecin légiste au CHU de Montpellier, précise : « L’autopsie est la première étape. Elle est toujours suivie d’analyses microscopiques sur les organes, notamment le larynx, plus fragile chez l’enfant, pour détecter d’éventuelles traces de suffocation ».

Quatre nouvelles procédures ont été ouvertes contre Jérôme Barella depuis sa mise en examen pour le meurtre de Lyhanna, portant à neuf le nombre total d’affaires le concernant. La famille, réunie lors d’une marche blanche samedi, a exprimé sa douleur : « Lyhanna, pardon, pardon pour ce que tu as vécu ».

70 000 plaintes à traiter en deux semaines : l’objectif fixé par Darmanin relève de la gageure.

Des rassemblements sont organisés ce lundi 8 juin à 19 heures devant le ministère de la Justice à Paris et devant les tribunaux en province. Les organisateurs dénoncent « les défaillances du système judiciaire » et exigent des réponses rapides. En matinée, le Garde des sceaux a réuni les procureurs généraux à la Chancellerie pour évoquer la crise.

Autopsie incomplète : les limites de l’enquête

Le ministre de la Justice a confirmé hier l’objectif de traiter l’ensemble des plaintes liées aux enfants d’ici deux semaines. Une mission titanesque qui interroge sur la capacité du parquet à absorber un tel volume de dossiers sans compromettre la qualité des enquêtes.

Sources :
  • BFMTV

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