On s’imagine allongé, hâlé, détendu, loin des guerres de bureaux et des universités d’été, enfin libre de toute contrainte administrative. Dans quelques semaines, les réflexes balnéaires reprendront leurs droits, entre chipolatas trop cuites et salades mal assaisonnées. Avant de charger le break de bouées en forme de hot-dog ou de canoës des Gorges du Verdon, il faut s’approvisionner en lectures. Une nécessité qui rappelle les cahiers de vacances et le bon élève que nous ne fûmes pas.
L’archange andalou Federico García Lorca, lointain cousin de l’auteur par Puerto Lope, incarne l’âme de Grenade. Jean Cassou le résumait en un mot : séduction. Dans la préface des Poésies (1921-1927), il écrivait : « C’est un art de séduire ». Lorca y déploie des vers charnels, loin du folklore à castagnettes. À savourer, ces lignes arrachées à « Séville » : « Séville est une tour / Pleine de fins archers / Séville pour blesser. / Cordoue pour y mourir.
Une sélection de textes courts pour l'été
La Méditerranée se parcourt aussi à travers les mots de Jacques Lacarrière. Dans L’Été grec, il évoque la consistance du pain noir des moines du mont Athos : « Et je conserve encore dans la bouche ce goût d’humus et de paille, de réglisse et de terreau humide, le goût du pain d’Athos ». Un voyage gustatif autant que littéraire, entre oliviers et mer Égée.
Pour ceux qui préfèrent les traversées transatlantiques, Louis Chadourne propose Le Pot au noir. À travers les yeux du narrateur, la Guadeloupe se révèle au matin : « apparaît une baie lisse, plate, vert sombre sous un soleil déjà dur. Il pleut — une pluie tiède — sans qu’on voie un seul nuage ». Une immersion sensorielle dans les Antilles des années 1920.
La semaine prochaine, Thomas Morales inaugurera une série dominicale sur les bandes dessinées à 14 heures. En attendant, voici une sélection de textes courts pour ne pas bronzer idiot : des « tapas » littéraires à déguster sur la table de nuit.
Pour prolonger l’évasion, les éditions proposent des recueils complémentaires. Les Cocus du vieil art moderne de Salvador Dalí aux Cahiers Rouges, ou Les Lettres de Capri de Mario Soldati au Livre de Poche. La collection Bouquins chez Robert Laffont réunit quant à elle Méditerranée, un ensemble de textes mêlant Hérodote et Lacarrière.
Les recueils qui prolongent le voyage
Les ouvrages retenus : Poésies de Federico García Lorca (Gallimard), Les Cocus du vieil art moderne de Salvador Dalí (Grasset), Les Lettres de Capri de Mario Soldati (Le Livre de Poche), Méditerranée de Jacques Lacarrière (Bouquins, Robert Laffont) et Le Pot au noir de Louis Chadourne (La Petite Vermillon).
- Causeur
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