Les comptes publics craquent sous le poids d'une explosion des arrêts maladie : 17,9 milliards d'euros en 2024, un milliard de plus chaque année depuis 2019, selon les chiffres du ministre Amiel. Une hémorragie financière qui menace l'équilibre déjà fragile de notre système de protection sociale, pilier de notre modèle social à la française.

Face à cette dérive, le gouvernement brandit un plan d'urgence baptisé sobrement 'Réduire l'absence au travail', mêlant prévention ciblée et lutte contre les abus. L'objectif ? Endiguer une culture de l'absence qui gangrène les entreprises et alourdit la dette sociale, au mépris des sacrifices consentis par les travailleurs.

Un système à bout de souffle

Parmi les mesures phares, une attention particulière est portée sur les troubles musculo-squelettiques et la santé mentale, souvent invoqués comme prétextes à des arrêts prolongés. Mais comment distinguer le vrai du faux dans un système où l'absentéisme coûte désormais plus cher que l'investissement dans la santé au travail ?

Le gouvernement promet aussi de faciliter le retour à l'emploi des salariés en arrêt, un aveu implicite de l'échec d'un système où les contrôles se sont révélés trop laxistes. Une réforme nécessaire, mais qui arrive tardivement dans un contexte de pénurie de main-d'œuvre et de compétitivité en berne.

La fin d'un laisser-faire intenable

L'État tente de reprendre la main sur un phénomène qui échappe à tout contrôle, mais le défi est de taille : concilier rigueur budgétaire et préservation d'un système social déjà fragilisé par des décennies de dérive. Une équation impossible sans une refonte en profondeur de notre modèle de protection sociale, au risque de voir les générations futures payer l'addition.

Sources :
  • Le Parisien

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