Benjamin Lavernhe, l’un des interprètes les plus recherchés de sa génération, était l’invité du journal télévisé le 16 avril. Le comédien, dont la prestation aux César 2026 a marqué les esprits, revient sur son interprétation du Cid de Corneille, mis en scène par Denis Podalydès pour la Comédie-Française. « C’est à la fois un honneur et un saut dans le vide, tous les soirs renouvelé », confie-t-il avec une franchise qui rappelle son goût pour les défis artistiques.
Interrogé sur sa performance aux César, où il a mêlé chant, danse et humour en hommage à son idole Jim Carrey, Lavernhe évoque une expérience à la fois grisante et exigeante. « C’est un numéro de funambule, parce que quand ça marche, on vous encense, et quand ça ne marche pas, on vous tombe dessus », explique-t-il. Pour lui, cette soirée était avant tout un hommage à l’audace et à la scène, des valeurs qu’il défend avec constance. « J’aime ce goût du risque, et j’aime la scène, le théâtre », résume-t-il avec une sincérité qui tranche avec les artifices du monde du spectacle.
Corneille intemporel, Lavernhe au sommet de son art
Le comédien ne cache pas l’émotion que lui a procurée la présence de Jim Carrey dans le public ce soir-là. « Cet ange gardien qu’est Jim Carrey m’a donné des ailes », confie-t-il, soulignant l’impact de cette présence sur sa prestation. Si l’idée d’un retour aux César l’année suivante lui est proposée, il hésite : « Quatre mois de travail, c’est lourd, donc on verra ». Pour lui, l’essentiel reste l’équilibre entre la pression, nécessaire à la création, et le respect du patrimoine que représentent des œuvres comme Le Cid.
Sous la direction de Denis Podalydès, Lavernhe redécouvre Corneille avec une intensité particulière. « Il y a quelque chose de lyrique, d’épique, qui ressemble presque plus à du Shakespeare qu’à Racine ou à Molière », observe-t-il. Chaque soir, le public réagit avec une ferveur qui confirme la dimension intemporelle de cette pièce, créée en 1637.
Benjamin Lavernhe a livré une interprétation du Cid sous la direction de Denis Podalydès, saluée par le public et la profession. Il a également marqué les esprits lors de sa prestation aux César 2026, où il a rendu hommage à Jim Carrey, son idole, par un numéro mêlant chant et danse. Ces deux réalisations illustrent son attachement à un théâtre exigeant, où se mêlent héritage classique et modernité. Face à la pression et aux attentes, Lavernhe incarne une forme de résistance artistique, où le risque et la sincérité priment. Son parcours confirme que le théâtre français reste un rempart contre les facilités du divertissement contemporain.
- France Info
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