Il y a dix ans, le véganisme s’imposait comme une révolution alimentaire, portée par les médias et une offre croissante de substituts végétaux. Pourtant, depuis 2024, cette tendance marque un net ralentissement, notamment dans les pays anglo-saxons où des enseignes spécialisées ferment leurs portes les unes après les autres.

Ce retournement s’explique d’abord par des raisons économiques : les alternatives végétales, souvent ultra-transformées, affichent des prix bien supérieurs à ceux des protéines animales comme la volaille ou le poisson. L’inflation et la recherche de rentabilité ont rendu ces produits moins accessibles, fragilisant leur modèle.

L’économie des protéines végétales en difficulté

Par ailleurs, la quête de performance physique, notamment dans le milieu de la musculation, a recentré les consommateurs sur les protéines animales, complètes et immédiatement assimilables. La santé n’est pas en reste : la prévention de la sarcopénie, cette perte musculaire liée à l’âge, exige des apports protéiques de haute qualité, difficilement remplaçables par une alimentation strictement végétale.

Les traitements amaigrissants récents, comme ceux à base de GLP-1, amplifient ce phénomène en provoquant une fonte musculaire importante. Leur popularité croissante rend encore plus cruciale la consommation de protéines complètes, renforçant l’attrait pour une alimentation omnivore équilibrée. Enfin, les carences nutritionnelles, notamment chez les enfants, et les risques liés aux aliments ultra-transformés ont achevé de convaincre les consommateurs de revenir vers des modèles plus traditionnels.

Santé et performance : le retour des protéines animales

Les rapports de SPINS, de Circana et du Good Food Institute souligne un retour vers une alimentation omnivore, associant produits animaux et végétaux, jugée plus conforme aux besoins physiologiques humains. Les échecs nutritionnels des régimes strictement végétaux, les contraintes économiques et les impératifs de santé publique ont donc sonné le glas d’une tendance qui semblait irrésistible. Reste à voir si cette inflexion se confirmera durablement, ou si de nouvelles alternatives émergeront pour concilier éthique, santé et accessibilité.

Sources :
  • Rapports de SPINS, de Circana et du Good Food Institute confirment un récent recul des ventes de substituts végétaux sur les marchés américain et britannique

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