Les injections amaigrissantes, souvent présentées comme une solution miracle contre l'obésité, s'accompagnent d'effets secondaires bien réels. Une étude italienne révèle que leurs utilisateurs sont deux fois plus susceptibles de sauter des repas, réduisant drastiquement leurs apports en nutriments essentiels. Les chercheurs de l'hôpital San Raffaele de Milan ont analysé 5 741 jours de données alimentaires issues de 332 patients en surpoids ou obèses, dont 116 utilisaient des agonistes des récepteurs GLP-1 comme Wegovy ou Mounjaro.

Les résultats sont alarmants : 88 % des patients sous traitement ne parviennent pas à couvrir leurs besoins quotidiens en protéines, pourtant cruciales pour maintenir la masse musculaire et un système immunitaire performant. Les carences en vitamines, fer ou calcium exposent à des risques accrus de fatigue chronique, de perte de cheveux ou même d'ostéoporose. Le Dr Valentina Vinelli, auteure principale de l'étude, souligne que « la préservation de la masse musculaire doit être au cœur de toute stratégie de perte de poids, surtout lorsque l'appétit est réduit ».

Un risque nutritionnel sous-estimé

Les données recueillies grâce à une application mobile dotée d'IA montrent une baisse significative des apports caloriques chez les utilisateurs de ces injections, comparés aux autres patients : 1 102 kcal contre 1 281 kcal par jour. La consommation de protéines chute également, passant de 62 à 53,8 grammes en moyenne. Plus préoccupant encore, les utilisateurs sautent bien plus souvent les repas : 31 % omettent le petit-déjeuner, 40 % le dîner, contre respectivement 16 % et 30 % chez les non-utilisateurs. Une tendance qui limite encore davantage les chances d'absorber les nutriments nécessaires.

Les injections amaigrissantes, bien que prometteuses pour la perte de poids, soulèvent des questions sur leur impact à long terme. Les participants sous traitement ont perdu en moyenne 2,2 kg, contre seulement 0,2 kg pour les autres, mais au prix d'une qualité nutritionnelle dégradée. Les chercheurs appellent à un suivi personnalisé et à des conseils diététiques adaptés pour éviter les risques de malnutrition. Leur prochaine étude explorera l'impact de ces traitements sur d'autres nutriments essentiels, ainsi que l'utilisation de technologies mobiles pour accompagner les patients.

Vers une prise en charge globale de l'obésité

Un constat s'impose : les injections amaigrissantes, si elles transforment la prise en charge de l'obésité, exigent une vigilance accrue sur leur usage. Les données montrent que sans accompagnement nutritionnel adapté, leurs bénéfices pourraient être contrebalancés par des carences graves. Les autorités sanitaires devront intégrer ces enseignements pour garantir une perte de poids à la fois efficace et sûre. La santé des patients ne peut se résumer à un chiffre sur la balance.

Sources :
  • Daily Mail

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