Une croyance tenace circule depuis des décennies : marcher 10 000 pas par jour serait la clé d’une santé optimale. Pourtant, aucune étude scientifique n’a jamais confirmé cette norme arbitraire. Les chercheurs s’accordent désormais sur un chiffre bien inférieur pour bénéficier des effets protecteurs de la marche.

Les origines commerciales d'un chiffre mythique

Une méta-analyse publiée dans la revue Nature en 2023 a passé en revue plus de 20 études sur le sujet. Ses conclusions sont sans appel : les bénéfices pour la santé cardiovasculaire et la longévité apparaissent dès 4 000 pas quotidiens. Au-delà de ce seuil, les gains supplémentaires sont marginaux, voire négligeables.

Les origines de la règle des 10 000 pas remontent aux années 1960. Un fabricant japonais de podomètres avait choisi ce chiffre pour des raisons marketing, sans lien avec la science. Pourtant, cette idée a persisté, transformée en dogme par les campagnes de santé publique. Les chercheurs soulignent aujourd’hui son caractère purement commercial.

Les données qui contredisent le dogme des 10 000 pas

Les données recueillies auprès de 40 000 adultes aux États-Unis et en Europe confirment cette tendance. Les participants marchant entre 4 000 et 8 000 pas par jour présentaient un risque réduit de 40 % de mortalité prématurée par rapport à ceux restant sédentaires. Aucun avantage supplémentaire n’a été observé au-delà de 8 000 pas.

« 10 000 pas, c’est un chiffre marketing, pas une prescription médicale. » — Nature, 2023

Les spécialistes de la santé publique appellent désormais à abandonner cette référence. « La priorité n’est pas le nombre de pas, mais la régularité de l’activité physique », explique un épidémiologiste interrogé par The Lancet. Les efforts doivent se concentrer sur l’intégration de la marche dans le quotidien, plutôt que sur l’atteinte d’un objectif irréaliste.

Dès 4 000 pas par jour, les bénéfices pour la santé sont déjà significatifs.

Les applications de suivi d’activité, souvent programmées pour afficher 10 000 pas par défaut, participent à la persistance de ce mythe. Les chercheurs recommandent de les configurer sur des objectifs personnalisés, adaptés à l’âge et au niveau de forme physique de chacun. Une approche plus pragmatique et moins culpabilisante.

Vers une approche individualisée de l'activité physique

Pour les personnes âgées ou en situation de handicap, les bénéfices de la marche apparaissent dès 2 000 à 3 000 pas par jour. L’essentiel reste de bouger régulièrement, même par petites doses. Les autorités sanitaires devraient revoir leurs messages pour éviter de décourager les publics les moins actifs.

Sources :
  • Science & Vie

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