Une décision unilatérale qui bafoue la gouvernance locale
Ce qui frappe d'emblée, c'est la méthode. L'équipe municipale n'a prévenu les élus d'arrondissement que quelques jours avant l'occupation. Aucune consultation, aucun dialogue, aucune recherche d'alternatives. Philippe Gougon, maire du 15e arrondissement, a exprimé son opposition de longue date à ces pratiques.
Car ce mépris procédural n'est pas anodin. Il révèle la nature profonde d'un pouvoir municipal qui traite les installations publiques comme des variables d'ajustement de sa politique idéologique, sans égard pour les usagers légitimes qui en financent l'entretien par leurs impôts locaux.
La subsidiarité, principe libéral fondamental, exige que les décisions soient prises au niveau le plus proche des citoyens concernés. La mairie centrale de Paris, en court-circuitant l'arrondissement, piétine ce principe élémentaire.
Le tissu associatif, victime collatérale d'une politique non assumée
Derrière la décision administrative se cache une réalité humaine concrète que les partisans de l'idéologie de l'accueil inconditionnelle peinent à regarder en face.
Le club Effel Basket se retrouve privé d'une douzaine d'heures d'entraînement hebdomadaire. Des matchs sont annulés. Les adhérents réclament un remboursement partiel de leur cotisation, ce que le club ne peut pas honorer. Sylvain Populaire, président bénévole, se retrouve à gérer une crise organisationnelle qu'il n'a ni provoquée ni anticipée.
Sa conclusion est limpide : si cette situation devait se reproduire, il préférerait abandonner. Ce n'est pas une anecdote. C'est le signe que la politique municipale détruit méthodiquement le capital social que des dizaines de bénévoles construisent patiemment, année après année. Le bénévolat, pilier de la société civile que les libéraux défendent comme rempart contre l'étatisme, ne peut prospérer dans un environnement d'instabilité et d'arbitraire administratif.
La solidarité ne saurait être une réquisition forcée
Soyons précis sur le fond doctrinal. La question n'est pas de savoir si les migrants méritent un toit. Elle est de savoir qui décide, comment, avec quelles ressources et selon quelles priorités.
Une solidarité imposée par voie administrative, financée par des contribuables qui n'ont pas été consultés, au détriment d'usages légitimes et préexistants, n'est pas de la solidarité. C'est de la redistribution contrainte, habillée en vertu.
Le vrai libéralisme ne refuse pas la générosité. Il exige qu'elle soit volontaire, transparente et hiérarchisée selon des priorités clairement assumées devant les électeurs.
Or la mairie de Paris n'a jamais soumis à un vote la question suivante :
"Acceptez-vous que vos gymnases soient réquisitionnés pour héberger des migrants, au détriment de vos enfants et de vos clubs sportifs ?"
Une faillite de l'État qui révèle l'absence de politique migratoire cohérente
En dernier ressort, cette situation parisienne est le symptôme d'une faillite plus profonde. Si des gymnases doivent servir de centres d'hébergement d'urgence, c'est que l'État n'a pas su, ou voulu, construire une politique migratoire ordonnée, dotée de structures adaptées et d'une doctrine claire sur les flux d'entrée sur le territoire national.
L'improvisation permanente a un coût. Il se mesure en heures d'entraînement perdues, en cotisations non remboursées, en bénévoles épuisés et en élus d'arrondissement réduits à l'impuissance. Ce coût est supporté par les Parisiens ordinaires, ceux qui travaillent, cotisent, s'investissent dans la vie de leur quartier, et qui méritent mieux qu'une gestion municipale par injonction idéologique.
La formule du président du club Effel Basket devrait résonner dans les bureaux de la mairie de Paris : la solidarité, oui, mais pas au détriment du sport. Et, ajoutons-y, pas au détriment des citoyens.
- Déclaration de Philippe Gougon, maire du 15e arrondissement de Paris
- Témoignage de Sylvain Populaire, président du club Effel Basket
Votre soutien est plus essentiel que jamais.
Cet article vous est offert gratuitement par NATIONO. Notre rédaction garantit son indépendance en refusant toute influence. Votre contribution, même modeste, est le moteur de notre liberté.
Soutenir NATIONO



Réagir à cet article
Connectez-vous pour commenter cet article.
Chargement des commentaires...