Pour comprendre les enjeux, il faut sortir des salles de marchés. Le banquier Marc Fiorentino, président de Meilleurtaux Placement, résumait hier matin parfaitement la situation : « Trump veut terminer cette guerre. Vite. D'une façon ou d'une autre. Par un “deal” avec ce qui reste du pouvoir existant. Ou par une dernière démonstration de force. » En réalité, le président Trump avait déjà rédigé lundi son discours de victoire. « Nous avons gagné, ils ont été battus sur le plan militaire… Nous avons détruit la marine, l'aviation et le système de communication iranien », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse triomphaliste à la Maison-Blanche, avant de détailler les opérations de sauvetage des deux pilotes américains éjectés de l'avion F-15 abattu par les Iraniens le 3 avril.
Derrière cette posture guerrière se cache une réalité économique implacable. Non pas en Iran, mais aux États-Unis. La guerre a déjà coûté cher aux consommateurs américains. Le gallon d'essence (environ 3,8 litres) a franchi la barre des 4 dollars, en hausse de près de 30 % depuis le début de la guerre. Les prix à la consommation sont sous pression et l'inflation repasse au-dessus des 3 %. Résultat : pour la première fois depuis des années, la Réserve fédérale américaine évoque une possible hausse des taux d'intérêt, qui frapperait de plein fouet les ménages américains très endettés. De quoi faire basculer l'équation politique. Alors que les élections de mi-mandat se rapprochent, le spectre de l'inflation influence les bulletins de vote.
L'horizon temporel d'un choc pétrolier est précis : les économistes estiment la durée maximale du conflit pour ne pas briser la croissance à six semaines. L'effet négatif est pour l'heure limité à entre 0,2 et 0,5 %, selon les pays. Au-delà, c'est le choc pétrolier et la récession.
Face à ce double risque, les stocks stratégiques de pétrole ont été mobilisés : les 32 pays membres de l'Agence internationale de l'énergie ont libéré 426 millions de barils, une décision historique. Les États-Unis y participent à hauteur de 172 millions de barils. Pas assez, disaient les économistes. « Cela correspond à 3 millions de barils par jour, sur les 15 millions de perdus à cause du conflit. C'est comme si dans une baignoire il y avait plus d'eau qui fuit que versée », expliquait Giovanni Staunovo, analyste chez UBS. Cette semaine est peut-être la plus importante de l'année pour l'économie mondiale. À 115 dollars le baril, ça casse. Sous les 95 dollars, ça passe.
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