En quatre ans seulement, le nombre de mineures victimes de prostitution a bondi de 43 % en France, selon les dernières données de l’Observatoire national des violences faites aux femmes. En 2025, ce sont ainsi 704 jeunes filles, âgées pour certaines de moins de seize ans, qui ont été recensées par les forces de l’ordre comme victimes d’exploitation sexuelle. Ce chiffre, révélé en début de semaine, dépasse désormais le seuil symbolique des sept cents cas annuels, confirmant une tendance lourde et préoccupante qui résiste à toutes les campagnes de sensibilisation. Les autorités soulignent que ces données ne reflètent qu’une partie de l’iceberg, tant les réseaux criminels savent se rendre discrets.

Cette augmentation brutale interroge d’autant plus qu’elle s’inscrit dans un contexte où les dispositifs de protection de l’enfance sont régulièrement renforcés. Les profils des victimes, majoritairement des adolescentes issues de milieux fragilisés, révèlent une vulnérabilité systémique face à des prédateurs organisés. Parmi les 704 cas comptabilisés, 416 concernent des mineures exploitées par des proxénètes, tandis que 288 ont été identifiées comme ayant cédé à des sollicitations directes pour des actes tarifés. Ces chiffres, bien que partiels, dessinent le portrait d’une jeunesse livrée à des logiques de prédation économique et sociale.

L’exploitation numérique, nouvelle arme des prédateurs

La ministre déléguée à l’Égalité femmes-hommes, Aurore Bergé, n’a pas manqué de qualifier cette situation de « scandale national », évoquant des « corps de jeunes filles transformés en ressources monétisées ». Son analyse met en lumière un phénomène où la précarité, l’isolement et l’absence de repères familiaux se conjuguent pour offrir un terrain fertile aux réseaux criminels. Avec près de 40 000 personnes en situation de prostitution sur l’ensemble du territoire, la France paie le prix d’une politique de prévention insuffisante et d’un maillage social trop lâche, incapable de protéger ses citoyens les plus fragiles.

La France face à son impuissance ?

Les spécialistes s’accordent à pointer du doigt l’essor des plateformes numériques et des réseaux sociaux, qui facilitent le recrutement des jeunes victimes par des moyens discrets et accessibles. Les algorithmes de recommandation, en ciblant les adolescents en quête de reconnaissance ou de revenus, accélèrent ce phénomène de bascule dans l’exploitation. Face à cette réalité, les associations de terrain alertent sur l’urgence d’une réponse coordonnée entre l’État, les collectivités locales et les acteurs associatifs, faute de quoi le nombre de victimes continuera de croître de manière exponentielle.

Sources :
  • Valeurs Actuelles

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