L’ordinateur portable le plus commenté du Computex 2025 n’était pas présent sur le salon taïwanais. Pourtant, son nom revenait sans cesse dans les conversations : le MacBook Neo. Sorti il y a trois mois, l’appareil d’entrée de gamme d’Apple a bouleversé un marché déjà fragilisé par les fluctuations des prix de la RAM. L’effet d’entraînement a été immédiat : les fabricants sous Windows, pris de court, peinent à proposer des alternatives crédibles.

La riposte des géants du PC

« Apple vend ses Neo comme des petits pains, on n’arrive pas à suivre », confie un exposant régulier du Computex. Les chiffres d’IDC confirment cette frénésie : les ruptures de stock ponctuelles dans certains Apple Store en témoignent. Pourtant, les concurrents tentent de réagir. Samsung avec le Galaxy Book 4 Edge, Lenovo avec l’IdeaPad Slim 3x ou Asus avec le VivoBook 14 misent sur des machines à moins de 800 euros. Mais face au MacBook Neo, ces modèles peinent à rivaliser, que ce soit sur la qualité de fabrication, les performances ou le rapport qualité-prix.

La comparaison se heurte aussi à un obstacle de taille : le système d’exploitation. Windows 11, critiqué pour son appétit en mémoire vive, suscite des interrogations croissantes. Lors de tables rondes avec des fabricants de puces comme Qualcomm ou des constructeurs comme Acer et Lenovo, une question est revenue à plusieurs reprises : « Compte tenu des limites actuelles de Windows, avez-vous songé à travailler à une alternative sous Linux ? » L’absence de réponse unanime illustre les doutes persistants sur la viabilité de Windows dans cette gamme de prix.

Windows 11, un boulet pour la concurrence ?

Sous la pression, certains fabricants ont accéléré leurs projets. Acer et Dell ont présenté au Computex des machines censées concurrencer le MacBook Neo. Le Swift Air 14 d’Acer, attendu pour la rentrée scolaire, affiche un écran OLED de 14 pouces, un Core 5 avec 8 Go de RAM et 512 Go de stockage, pour un poids de 1,19 kg. Son prix ? 799 euros. Dell, de son côté, mise sur le XPS 13 DX13260, équipé d’un processeur Panther Lake Core Ultra 300, d’un écran IPS 2,5 K à 120 Hz et d’un châssis en aluminium de 12,7 mm. Son tarif ? 599 dollars pour les étudiants, 699 dollars pour le grand public.

Le MacBook Neo a redessiné les règles du jeu. Les concurrents sous Windows tentent de suivre, mais le système et la RAM les freinent.

Mais cette riposte a un prix : la RAM. À moins de 800 euros, les fabricants limitent systématiquement la mémoire vive à 8 Go pour contenir les coûts. Un choix risqué, alors que les tests récents recommandent désormais 16 Go minimum pour une utilisation fluide sous Windows 11. La démonstration en a été faite lors d’une présentation du XPS 13 : le gestionnaire des tâches allouait 5,6 Go de RAM au seul système, soit 70 % des ressources disponibles. Une performance qui interroge sur l’avenir des PC Windows dans cette gamme.

Pourtant, la bataille n’est pas perdue d’avance. Les constructeurs misent sur une stratégie alternative : proposer des machines encore moins chères, sous les 500 euros, en misant sur des puces plus performantes. Qualcomm pourrait jouer un rôle clé avec sa puce Snapdragon C, attendue pour septembre 2026. Mais d’ici là, le MacBook Neo a encore plusieurs mois pour imposer sa domination. La question reste entière : les PC sous Windows parviendront-ils à inverser la tendance ?

8 Go de RAM contre 16 Go recommandés : la bataille des prix cache un déséquilibre technique.

Nvidia, acteur historique des cartes graphiques, tente aussi de s’immiscer dans cette guerre des puces ARM. Sa puce RTX Spark, bien que performante, reste trop onéreuse pour des machines à moins de 1 000 euros. Son arrivée sur le marché prendra donc des années, laissant le champ libre à Apple pour l’instant.

L’alternative des machines à moins de 500 euros

Le MacBook Neo a donc changé la donne. Les fabricants sous Windows doivent désormais composer avec deux contraintes : des prix serrés et un système d’exploitation qui pèse lourd sur les ressources. La riposte s’organise, mais elle arrive tardivement. Et si la solution venait d’ailleurs ?

Sources :
  • 01net

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