À peine quatre mois après son investiture, la maire démocrate socialiste de Seattle, Katie Wilson, se heurte à une réalité implacable : les campements de fortune, loin de diminuer, prolifèrent, au point qu’une cabane improvisée s’est dotée d’une cheminée, signe tangible de leur ancrage durable. Cette scène, inédite depuis la pandémie, illustre l’échec patent du programme de micro-logements, censé pourtant résoudre la crise du sans-abri qui frappe la ville. Avec plus de 600 micro-logements déjà installés dans vingt villages, et une promesse de 500 supplémentaires d’ici juin, les autorités locales peinent à justifier l’efficacité de cette politique, alors que le nombre d’abris de fortune ne cesse de croître, notamment dans le quartier de Ballard au nord de la ville.

Face à cette situation, le conseiller municipal Dan Strauss a tiré la sonnette d’alarme lors d’une présentation budgétaire, évoquant l’augmentation des campements dans son quartier et l’absence de contrôle sur leur expansion. « Il y a un bâtiment au milieu de notre rue, avec une cheminée », a-t-il déclaré, soulignant l’absurdité d’une telle installation au cœur d’une voie publique. Ces déclarations rejoignent les critiques des riverains, dont certains, comme Peter Eastey, propriétaire d’un commerce près d’un campement à Rainier Beach, dénoncent l’inefficacité du dispositif. « La ville nous avait promis que ces micro-logements feraient disparaître les campements, mais rien n’a changé », a-t-il confié, ajoutant que les demandes d’intervention restent sans réponse.

Un modèle de micro-logements en échec malgré les promesses

L’administration Wilson mise sur un budget de 17,5 millions de dollars pour financer son plan, mais les coûts de gestion des micro-logements s’avèrent exorbitants : 35 000 dollars par an et par unité, incluant le personnel et les services d’accompagnement. Pourtant, malgré ces investissements, les résultats se font attendre. Les habitants des quartiers concernés s’interrogent sur la pertinence d’un modèle qui, loin de réduire la précarité, semble la pérenniser. Certains, comme Eastey, vont jusqu’à soupçonner ces campements de servir de repaire à des réseaux de vol, sans que les autorités n’interviennent pour y mettre fin. « Tout ce qui s’y trouve est volé, et personne n’est tenu pour responsable », a-t-il dénoncé.

Un budget asphyxié entre dépenses sociales et impératifs économiques

Paradoxalement, alors que la maire Wilson sollicite des millions supplémentaires pour étendre un programme déjà controversé, Seattle doit faire face à un déficit structurel de 140 millions de dollars. Un mémorandum récent a demandé à chaque département de réduire ses dépenses de 5 à 10 %, une mesure qui pourrait toucher des services essentiels comme l’Office du développement économique, tandis que les budgets de la police, des pompiers ou des services aux sans-abri seraient préservés. Cette situation s’inscrit dans un contexte économique dégradé, marqué par un ralentissement de l’industrie technologique et un ralentissement des constructions neuves.

Sources :
  • Daily Mail

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