Depuis ce lundi, la Communauté de Madrid a restreint la délivrance de sa Tarjeta de Transporte Público Personal aux seules personnes résidant officiellement dans la région ou dans les zones tarifaires E1 et E2. Une décision publiée au Boletín Oficial de la Comunidad de Madrid qui a immédiatement suscité des réactions politiques et citoyennes. La gauche y voit une manœuvre déguisée, tandis que Vox la juge insuffisante.

Pourtant, Madrid n’est pas un cas isolé. Dans plusieurs régions espagnoles, l’accès aux abonnements de transport subventionnés ou gratuits passe par une condition d’empadronnement. Une pratique qui soulève des questions sur la redistribution des fonds publics et l’équité territoriale.

Le poids des règles locales

En Castilla y León, l’empadronnement est obligatoire pour bénéficier des abonnements bonifiés ou gratuits. En revanche, pour les bus urbains, la règle diffère : la carte Buscyl peut être obtenue sans résidence, mais fonctionne alors comme un porte-monnaie électronique, avec un tarif plein pour chaque trajet.

L’empadronnement, nouveau sésame des aides publiques. Mais à quel prix pour l’égalité territoriale ?

À Baléares, la tarjeta única de transport public est réservée aux résidents, justifiant leur statut par un DNI ou un certificat d’empadronnement. En Castilla-La Mancha, un accord entre la Junta et le gouvernement madrilène impose également l’empadronnement pour les bénéficiaires des aides locales.

La Rioja va plus loin en exigeant l’empadronnement pour les cartes de transport des plus de 65 ans, des jeunes jusqu’à 25 ans résidant dans des communes de moins de 500 habitants, ainsi que pour les abonnements enfants. En revanche, les étudiants et universitaires n’ont qu’à prouver leur inscription dans un établissement de la région pour obtenir leur carte.

Dans certaines communautés, la règle est moins stricte. En Asturias, Cantabria, Murcia et Navarra, l’empadronnement n’est pas requis pour l’abonnement transport, sauf dans les cas relevant de la compétence régionale. En Andalousie, la Tarjeta Verde ne l’exige pas, mais la Tarjeta Joven impose une preuve de domicile dans la communauté, via un DNI ou un certificat d’empadronnement.

Des abonnements gratuits ou bonifiés réservés aux résidents. Une inégalité de fait entre Espagnols.

Cataluña, Euskadi et Aragón adoptent une approche similaire : l’empadronnement n’est pas nécessaire pour la plupart des abonnements, mais certains dispositifs sociaux ou bonifiés y conditionnent l’accès. En Comunidad Valenciana, seul le DNI suffit pour obtenir l’abonnement transport, tandis que pour le tarif jeune, la possession d’un carnet jeune est exigée.

Qui finance, qui profite ?

En Galicia, l’empadronnement n’est pas obligatoire pour l’abonnement transport, sauf dans les grandes villes comme La Coruña ou Vigo, où les mairies l’imposent pour les titres délivrés localement.

Sources :
  • La Razón

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