Les recherches du corps de Delphine Jubillar, lancées sur indication de son époux Cédric Jubillar, se sont achevées ce soir près de Mailhoc, dans le Tarn. Deux fémurs rongés par le temps ont été exhumés hier, retrouvés à une quinzaine de kilomètres de Cagnac-les-Mines, là où Cédric Jubillar affirmait avoir enterré son épouse sous un tas de compost. Les ossements, désormais entre les mains des experts de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) à Pontoise, font l'objet d'analyses pour déterminer s'ils appartiennent à la jeune femme disparue en décembre 2017.

Les conditions de conservation des restes, restés plus de cinq ans dans un milieu acide après l'épandage du compost sur plus de 200 hectares, compliquent singulièrement les prélèvements ADN. Le colonel Francis Hermitte, chef de la division criminalistique en biologie génétique de l'IRCGN, prévient : « Il y a un risque qu’il soit impossible d’avoir assez de matériel génétique de bonne qualité pour obtenir un profil permettant l’identification ». Les fémurs, bien que parmi les os les plus résistants, pourraient ne pas livrer suffisamment d’informations pour une conclusion définitive.

Des restes retrouvés dans un champ de compost

L’avocat de la famille de Delphine Jubillar, Me Mourad Battikh, ne mâche pas ses mots : « Cédric Jubillar a enterré sa femme dans du fumier. C’est ça, la réalité de ce dossier ». Il souligne l’absence de sépulture digne pour la victime, ajoutant : « On a espéré pouvoir retrouver le corps de Delphine. Aujourd’hui, on retrouve deux fémurs rongés par le temps. L’idée de pouvoir se recueillir convenablement s’éloigne définitivement ».

« Cédric Jubillar a enterré sa femme dans du fumier. C’est ça, la réalité de ce dossier. » — Me Mourad Battikh, avocat de la famille de Delphine Jubillar

Côté défense, Me Guy Debuisson, avocat de Cédric Jubillar, s’étonne de l’arrêt des fouilles : « Même avec un épandage sur plusieurs terrains, il était intéressant de tenter de retrouver d’autres parties du corps ». Il évoque la possibilité que des éléments utiles aux experts ou aux parties au procès aient été négligés, malgré les cinq ans et demi écoulés depuis la disparition.

Les proches de Delphine Jubillar, dont sa cousine Manon Quincampoix, décrivent un mélange de soulagement et de colère. « Il y a une partie d’eux qui est soulagée, mais actuellement, ce n’est pas le soulagement qu’ils voient. C’est surtout la colère et l’énorme tristesse », confie-t-elle. Béatrice, une amie de la victime, évoque un « coup de massue » : « Tant que ce n’est pas acté, on garde cet espoir. Là, c’est vraiment le deuxième gros choc. C’est fini.

« Il y a un risque qu’il soit impossible d’obtenir un profil génétique permettant l’identification. » — Colonel Francis Hermitte, IRCGN

Les propriétaires du champ où les ossements ont été découverts expriment leur stupéfaction. « On est très malheureux et très surpris par la situation, car on ne s’attendait pas du tout à ce qu’on trouve Madame Jubillar à cet endroit », déclarent-ils, souhaitant rester anonymes. Un gendarme présent sur place évoque un « travail de fourmi », soulignant la complexité des fouilles et l’absence de garantie sur les résultats.

Les limites des analyses ADN en question

Cédric Jubillar, qui a reconnu avoir déplacé le corps de son épouse en voiture, avait indiqué aux enquêteurs un champ près de Cagnac-les-Mines. Il affirmait avoir creusé à mains nues pour l’y enterrer, avant que le compost ne soit épandu. Le lieutenant-colonel Stéphane Meyblum, de la gendarmerie du Tarn, confirme que « des éléments pertinents » découverts hier ont été envoyés à l’IRCGN par hélicoptère. Les analyses, débutées cet après-midi, pourraient mettre des jours avant de livrer leurs conclusions.

Sources :
  • BFMTV

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