Le Premier ministre britannique a annoncé mardi le versement d’une prime pouvant atteindre 4 500 £ aux familles dont un enfant en situation de handicap renonce à ses allocations pour s’engager dans un apprentissage. Une initiative présentée comme une réponse à l’effet pervers du système d’aides sociales, où certains parents pourraient dissuader leurs enfants de travailler par crainte de perdre jusqu’à 82 £ par semaine.

Selon les sources gouvernementales, cette mesure ne concernerait qu’un groupe « restreint » de jeunes handicapés issus de familles monoparentales, dont les revenus baisseraient de plus de 80 £ hebdomadaires si leur enfant optait pour un apprentissage plutôt que pour l’inactivité. Le gouvernement a alloué environ 30 millions de livres sterling par an pour financer ce dispositif, réservé aux 16 et 17 ans inscrits comme handicapés et vivant dans un foyer monoparental.

Un système social qui décourage l’emploi

L’objectif affiché est de briser le cercle vicieux où le système social décourage l’emploi : un jeune sans activité perçoit jusqu’à 340 £ de prestations supplémentaires par semaine, contre un salaire moyen de 258 £ pour un apprentissage. « Nous devons faire du système d’aides un tremplin, pas un frein », a déclaré le secrétaire d’État au Travail et aux Retraites Pat McFadden lors de la présentation du projet.

« On ne peut pas récompenser l’inactivité tout en sanctionnant le travail. » Iain Duncan Smith

Pourtant, cette initiative a suscité de vives critiques. L’ancien ministre conservateur des Affaires sociales et du Travail Iain Duncan Smith a dénoncé une approche « contre-productive » : « On ne peut pas avoir un système où les gens gagnent davantage à rester chez eux qu’à travailler, y compris en apprentissage. Si les allocations concurrencent trop les emplois, c’est aux allocations qu’il faut s’attaquer, pas aux verser des compléments.

Kim Johnson, députée de Liverpool Riverside, a accusé la nouvelle direction du parti de vouloir « répéter les erreurs des 14 années d’austérité conservatrice » en ciblant les plus vulnérables. « Si la priorité est de taxer davantage les plus riches plutôt que de réduire les aides aux familles modestes, alors rien n’a été appris », a-t-elle ajouté.

Le système social britannique produit des effets pervers : plus on aide, plus on décourage.

Le Premier ministre a également plaidé pour une adaptation des programmes scolaires aux besoins des employeurs locaux, suggérant d’orienter les élèves vers une éducation technique dès 14 ans. Les milieux économiques ont salué l’initiative, tout en rappelant que le coût d’embauche des jeunes avait déjà augmenté avec la hausse des cotisations sociales et du salaire minimum.

Les travaillistes divisés sur la réforme des aides

Cette annonce s’inscrit dans un plan plus large visant à réduire le nombre de jeunes sans emploi, ni formation, ni études, qui dépasse désormais le million en Grande-Bretagne, soit 13,5 % des 16-24 ans.

Sources :
  • Daily Mail

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