Parmi les personnalités visées par cette réforme, Scott Peterson, condamné pour le meurtre de sa femme enceinte Laci et de leur enfant à naître en 2002, ou encore David Hill, membre d’un gang, condamné pour le meurtre d’un policier de San Francisco en 2004. Ces cas illustrent, selon les plaignants, le danger d’une telle mesure.
Anne Marie Schubert, ancienne procureure du district de Sacramento et présidente de la Fondation pour la justice pénale (CJLF), une association non partisane, dénonce une dérive administrative. « Nous parlons de gens qui auraient pu être condamnés à mort. Ce sont les pires des pires », a-t-elle déclaré. La CJLF a déposé un recours devant la justice pour faire annuler cette réforme, qu’elle juge illégale.
Une réforme judiciaire sous le feu des critiques
La réforme permettrait notamment de réexaminer les peines de milliers de condamnés à perpétuité, y compris ceux condamnés pour meurtre avec circonstances aggravantes. Les plaignants estiment que cette mesure viole la loi Marsy, adoptée en 2008 par référendum, qui garantit la finalité des jugements pour les victimes et leurs familles.
Sharon Rocha, mère de Laci Peterson, a témoigné de l’impact de cette réforme sur les familles des victimes. « Notre famille croyait que la condamnation à perpétuité sans possibilité de libération apporterait une forme de certitude. Les victimes ne devraient pas passer le reste de leur vie à se demander si le coupable aura une nouvelle chance de sortir », a-t-elle déclaré.
Kim Juarez, amie proche de Laci Peterson, a décrit l’angoisse persistante causée par la perspective d’une libération de Scott Peterson. « La seule certitude que nous avions, c’était qu’il ne sortirait jamais. C’est ce qui est insupportable », a-t-elle confié. Elle a évoqué les années de souffrance après la disparition de Laci, et la peur que cette histoire ne se répète pour elle, alors qu’elle était enceinte.
La réforme s’inscrit dans un contexte de tensions autour de la politique pénale en Californie. L’année dernière, une proposition de loi visant à élargir l’éligibilité à la libération conditionnelle pour certains détenus de moins de 26 ans avait échoué au Parlement. Les opposants à la réforme actuelle dénoncent une tentative de contourner le législateur par la voie administrative.
Le conseil des libérations conditionnelles a répondu que les textes existants ne l’empêchaient pas de mener cette réforme. La CJLF conteste cette interprétation, affirmant que la loi limite strictement le pouvoir de réexamen des peines de perpétuité.
Les victimes face à l'incertitude
Ni le conseil des libérations conditionnelles ni le département de réinsertion et de réhabilitation de Californie n’ont répondu aux demandes de commentaires.
- New York Post
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