Le Tribunal supérieur de justice des Canaries vient de trancher : exclure les salariés en arrêt maladie du versement de la prime touristique de 650 euros est discriminatoire. Mais les employés de restauration échappent à cette règle, jugée économiquement distincte.

EUROPE — 7 mai 2026 — NATIONO

Le droit des travailleurs en arrêt maladie vient de recevoir un soutien inattendu aux Canaries. Dans un arrêt rendu ce mois-ci, le Tribunal supérieur de justice de l’archipel a estimé que le versement de la prime touristique de 650 euros ne pouvait être refusé aux salariés ayant été en congé maladie pendant la période de calcul. Une décision qui consacre leur égalité de traitement face à cette aide emblématique de la région.

Une victoire pour l'égalité des droits

Pourtant, la haute juridiction a assorti sa décision d’une exception majeure : le personnel des bars et restaurants ne sera pas concerné par cette règle. Les magistrats justifient cette distinction par une réalité économique différente, estimant que ces secteurs ne peuvent être soumis aux mêmes critères que les autres activités.

La prime touristique, versée chaque année aux salariés des Canaries, est une mesure phare de la politique sociale de l’archipel. Elle vise à compenser partiellement l’impact du tourisme sur le coût de la vie local. Son montant, fixé à 650 euros, en fait une aide significative pour de nombreux foyers, notamment dans un contexte de hausse des prix.

Le secteur de la restauration en marge

L’arrêt du tribunal s’appuie sur un principe constitutionnel : l’interdiction des discriminations entre travailleurs. Les magistrats rappellent que tout salarié, quel que soit son état de santé ou ses absences pour maladie, doit bénéficier des mêmes droits sociaux que ses collègues. Une position qui pourrait inspirer d’autres régions espagnoles confrontées à des débats similaires.

La justice ne tolère plus les discriminations, même sous couvert d'économie. Le droit prime sur les exceptions.

Les syndicats ont salué cette décision, y voyant une avancée pour l’équité salariale. « C’est une victoire pour tous les travailleurs, qu’ils soient malades ou non », a réagi un représentant syndical. Pour eux, cette prime doit rester un outil de justice sociale, et non un privilège réservé à une partie des salariés.

650 euros pour tous, sauf pour ceux qui servent les verres. L'inégalité a ses limites.

Du côté des employeurs de la restauration, la décision est accueillie avec prudence. Plusieurs patrons de bars et restaurants ont déjà annoncé qu’ils maintiendraient leur exclusion de la prime, invoquant des difficultés économiques persistantes. « Nous ne pouvons pas nous permettre d’intégrer cette charge supplémentaire », confie un gérant de Tenerife.

Un précédent pour l'Espagne

La question pourrait désormais se poser à l’échelle nationale. En Espagne, plusieurs régions étudient la possibilité d’instaurer des primes similaires pour soutenir le pouvoir d’achat. La décision des Canaries pourrait servir de référence juridique, mais aussi de test pour mesurer l’impact économique d’une telle mesure sur les secteurs les plus fragiles.

Sources :
  • La Razón

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