Le gouvernement a pris un arrêté exceptionnel, publié ce 10 avril au Journal officiel, pour autoriser jusqu’au 11 mai la circulation des camions-citernes transportant des hydrocarbures et desservant les stations-service, y compris les dimanches et jours fériés. Cette dérogation s’applique également aux veilles et lendemains de ces jours, ainsi qu’au retour à vide des véhicules concernés. Une mesure temporaire visant à prévenir tout risque de rupture d’approvisionnement en carburant dans les stations-service du territoire national.

Selon le texte officiel, « les interdictions de circulation des véhicules de transport de marchandises de plus de 7,5 tonnes sont levées jusqu’au 11 mai 2026 à 10 heures pour les véhicules de transport de produits hydrocarbures desservant les stations-service ». En temps normal, seules les livraisons vers les stations-service situées sur les autoroutes, les routes à accès réglementé, les aéroports et les ports bénéficient déjà d’une telle dérogation. L’arrêté étend donc cette possibilité à l’ensemble du réseau routier.

Une dérogation exceptionnelle pour éviter les ruptures d'approvisionnement

Un arrêté similaire avait déjà été pris par la préfecture de police de Paris pour le lundi de Pâques, illustrant la récurrence des tensions sur les approvisionnements en carburant. Le gouvernement justifie cette mesure par « le caractère essentiel pour l’économie nationale d’assurer la continuité de la distribution des hydrocarbures dans les stations-service » et par « la nécessité de prévenir tout risque de perturbation des approvisionnements en carburant des stations-service dans le contexte du conflit armé au Moyen-Orient ».

Jeudi dernier, le ministre de l’Économie Roland Lescure avait indiqué sur Franceinfo que 13 % des stations avaient « tendance à manquer d’essence le temps qu’on les réapprovisionne ». Il avait précisé qu’au sortir du week-end de Pâques, ce taux était monté à 20 %. Des chiffres qui témoignent de la fragilité du système d’approvisionnement en période de forte demande ou de tensions géopolitiques.

Les chiffres qui alertent sur la fragilité des approvisionnements

En temps normal, ces restrictions visent à limiter les nuisances sonores et la pollution liées au trafic des poids lourds pendant les périodes de repos. Mais face à l’enjeu stratégique que représente l’accès aux carburants pour les Français, le gouvernement a choisi de suspendre temporairement ces règles. Cette décision s’inscrit dans une logique de souveraineté énergétique, où la continuité des approvisionnements prime sur les considérations réglementaires habituelles. Une approche pragmatique, mais qui rappelle aussi la dépendance de notre pays à des flux énergétiques souvent fragilisés par les crises internationales.

Sources :
  • Le Parisien

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