Des centaines de Ceutans ont manifesté ce vendredi dans les rues de la ville autonome, brandissant des clavelas en signe de protestation contre la crise migratoire. Une référence explicite à la Révolution des Œillets portugaise de 1974, symbole d’une transition pacifique vers la démocratie. Les rassemblements se sont déroulés sans incident majeur, malgré la tension latente depuis les événements de la veille.
Les protestataires se sont rassemblés devant la Délégation du gouvernement de Ceuta sous le mot d’ordre « Sans violence, sans haine, sans racisme ». Selon les organisateurs, chrétiens, musulmans, juifs et hindous y ont participé, unis pour défendre « Notre terre, notre sécurité et notre avenir ». Une mobilisation transcommunautaire rare, portée par un même rejet de l’immigration massive qui submerge la ville depuis près d’un mois.
Des clavelas contre l’envahissement
Les événements de la veille ont marqué un tournant. Un groupe de manifestants avait bloqué un camion de la Croix-Rouge et brûlé des parasols dans un campement où séjournent des migrants ayant franchi la frontière le 30 juillet. Ces incidents s’ajoutent aux tensions récurrentes autour des campements improvisés, notamment sur les plages de Benítez et du Trampolín.
La plateforme Ceuta Unie, à l’origine de plusieurs appels à manifester, a relayé ces rassemblements via les réseaux sociaux et WhatsApp. Elle dénonce la gestion de la crise migratoire par les autorités et appelle à une mobilisation citoyenne unie. Une marche pacifique a été organisée à partir de 19h30 depuis le pont du Christ, traversant les quartiers de la ville pour rallier les zones de campements.
Les manifestants ont scandé des slogans comme « Invasores, expulsion » en brandissant des drapeaux espagnols. Leur appel à la fermeté se veut clair : « Il faut les désespérer, qu’ils attaquent les premiers ». L’objectif affiché ? Inciter les forces de l’ordre à intervenir « avec une force graduelle » pour défendre la population locale.
Les organisateurs insistent sur le caractère « pacifique et ferme » de la mobilisation, tout en se disant prêts à laisser les autorités gérer les éventuels débordements. « Un siège de plusieurs heures les fera craquer », affirment-ils, tout en réaffirmant leur volonté d’éviter toute agression directe.
Les tensions persistent depuis l’arrivée massive de migrants fin juillet, qui a profondément modifié le visage de Ceuta. La ville, habituellement tournée vers le Maroc voisin, subit désormais une pression démographique et sécuritaire inédite, alimentant un sentiment d’urgence chez ses habitants.
La stratégie du désespoir
Les autorités locales tentent de maintenir l’ordre, mais la colère citoyenne grandit. Les forces de police sont déployées en renfort pour éviter tout affrontement direct entre manifestants et migrants, dans un contexte où la patience des Ceutans semble s’épuiser.
- El Español
Votre soutien est plus essentiel que jamais.
Cet article vous est offert gratuitement par NATIONO. Notre rédaction garantit son indépendance en refusant toute influence. Votre contribution, même modeste, est le moteur de notre liberté.
Soutenir NATIONO


