Chaque année, 14 millions d’adultes de plus de 65 ans sont victimes de chutes, faisant de celles-ci la première cause de blessures mortelles et non mortelles dans cette tranche d’âge. Pourtant, ces accidents ne surviennent presque jamais sans signe avant-coureur, selon la gériatre Anita Chandra. Des changements subtils dans la mobilité précèdent souvent ces incidents.

Le test TUG (Timed Up and Go) permet d’évaluer en quatre étapes la force et l’équilibre d’une personne. « Ce qui m’intéresse, ce n’est pas tant le chronomètre que la manière dont la personne se déplace », explique Chandra dans une publication sur les réseaux sociaux. « Le mouvement en dit souvent plus que les examens d’imagerie.

Parmi les premiers signes d’alerte figure la difficulté à se lever d’une chaise sans s’aider des bras. Ce besoin de pousser sur les mains peut révéler une faiblesse des membres inférieurs ou une perte musculaire liée à l’âge, appelée sarcopénie. Avec le temps, ces fragilités transforment des gestes anodins comme monter des escaliers ou se lever d’un fauteuil en épreuves.

Un test de 10 secondes peut sauver une vie. Les chutes ne sont pas une fatalité.

La façon de marcher constitue un autre indicateur clé. Une démarche plus lente, des pas raccourcis ou l’absence de balancement naturel des bras peuvent trahir des problèmes d’équilibre. Une étude australienne a montré que le raidissement de la cheville, destiné à éviter les chutes, force les muscles à compenser, accélérant la fatigue et réduisant la longueur des pas.

Le test TUG ne s’arrête pas à la marche. « Se retourner exige équilibre, coordination et force », souligne Chandra. « Un mouvement lent ou instable lors du demi-tour doit alerter. » Dès 50 ans, l’équilibre commence à décliner : un adulte sur deux peine à tenir sur une jambe plus de 45 secondes, contre plus d’une minute pour ceux âgés de 20 à 30 ans.

L’équilibre est aussi un marqueur de longévité. Les seniors performants lors de tests d’équilibre voient leur risque de décès divisé par deux par rapport à leurs pairs. Autre signe de vieillissement : la difficulté à se rasseoir dans un fauteuil avec contrôle. « S’affaler en arrière peut indiquer un affaiblissement des jambes », précise la spécialiste.

L’équilibre en 2024 : moins de 45 secondes sur une jambe après 50 ans.

Repérer ces signes précoces offre un délai précieux pour agir : kinésithérapie, révision des médicaments, vérification de la vue ou programme de renforcement musculaire. « Si vous constatez un changement dans la façon dont vos parents se déplacent, parlez-en à leur médecin traitant », recommande Chandra.

Une simple observation attentive peut donc éviter des conséquences dramatiques. Les chutes chez les seniors ne sont pas une fatalité, mais le résultat d’une dégradation progressive souvent détectable bien avant l’accident.

Sources :
  • New York Post

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