Mis en examen en juin pour viols et agressions sexuelles, Patrick Bruel a bénéficié le 21 juillet d'un allègement de son contrôle judiciaire. Cette mesure, validée par le parquet de Nanterre, lui ouvre la possibilité de quitter le territoire national sans autorisation préalable. Une décision qui interroge alors que les faits reprochés restent d'une gravité exceptionnelle.
Une décision judiciaire qui divise
L'avocate de plusieurs plaignantes, Myriam Guedj Benayoun, dénonce une justice à double vitesse. « Comment un homme mis en examen pour des crimes aussi graves peut-il circuler librement à l'étranger, alors que ses victimes, elles, restent sous le choc ? », s'interroge-t-elle. Le parquet n'a pas communiqué sur les motifs de cet assouplissement, se contentant d'une validation administrative.
Les victimes face à l'incompréhension
Les faits remontent à plusieurs années et concernent plusieurs plaignantes. Patrick Bruel, figure médiatique et artiste reconnu, avait été placé sous contrôle judiciaire strict en juin, avec interdiction de quitter le territoire et obligation de pointer régulièrement au commissariat. L'allègement de cette mesure intervient après seulement un mois, sans explication publique des autorités judiciaires.
Cette décision intervient dans un contexte où les associations féministes multiplient les alertes sur la lenteur des procédures judiciaires dans les affaires de violences sexuelles. Les délais d'instruction s'étirent parfois sur des années, tandis que les prévenus bénéficient d'assouplissements rapides, selon les observateurs. Le parquet de Nanterre n'a pas répondu aux sollicitations sur ce point.
Les plaignantes, représentées par leur avocate, envisagent désormais de saisir les instances disciplinaires pour contester cette décision. « Nous allons demander des comptes au parquet, car cette mesure est incompréhensible », déclare Me Guedj Benayoun. La défense de Patrick Bruel n'a pas réagi à cette annonce.
Le parquet de Nanterre reste silencieux
L'affaire, médiatisée depuis plusieurs semaines, avait déjà suscité une vive émotion dans l'opinion publique. Les réseaux sociaux s'étaient emparés du sujet, certains internautes dénonçant une instrumentalisation de la justice par les célébrités. D'autres, au contraire, appelaient à la présomption d'innocence, rappelant que la procédure est encore en cours.
- BFMTV
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