« Il y avait chez la Reine de Naples de l’étoffe, beaucoup de caractère et d’ambition. […] Elle était née Reine. » De sa sœur Caroline Murat (1782-1839), qui avait régné sur le royaume de Naples de 1808 à 1815, Napoléon Ier en exil confiait à Las Cases un souvenir non dénué d’estime.
Au cours d’une vie aussi entière que son caractère, celle qui avait reçu une éducation très « Ancien Régime » auprès de Mme Campan allait cultiver pour les arts une passion, bientôt incarnée dans le mobilier de ses résidences qu’elle occuperait avec son flamboyant mari, le général Joachim Murat. Des châteaux de Neuilly à l’hôtel de Thélusson ou au palais de l’Élysée, le jeune couple parera ses demeures avec le raffinement à l’antique qui s’impose en cette aube du XIXe siècle.
Une mécène au service des arts
Lorsqu’ils accèdent au trône de Naples, sur lequel les hisse Napoléon à la suite de son frère Joseph, Caroline et Joachim Murat se font naturellement mécènes. Ces nouveaux « napoléonides », qui doivent gagner en légitimité, initient une politique de reconnaissance des arts, en plus de leurs réformes de modernisation du royaume.
Promotrice des fouilles d’Herculanum et de Pompéi, la plus jeune sœur de Napoléon occupa un rôle clé dans le rayonnement des arts de sa cour. Avec l’exposition « De Naples à Chantilly, les collections de la reine Caroline Murat », le domaine de Chantilly célèbre la vision artistique de cette véritable « reine des arts ».
Caroline Murat rassembla en ce qu’elle nommait cette « terre promise » des chefs-d’œuvre aujourd’hui au cœur de la collection de l’institution. Une initiative qui révèle l’ambition culturelle d’une souveraine souvent réduite à son lien familial avec l’Empereur.
Les pièces exposées témoignent d’un goût marqué pour l’Antiquité, reflétant l’engouement européen de l’époque. Meubles, peintures et objets d’art jalonnent un parcours retraçant l’influence de cette cour napolitaine sur le patrimoine artistique français.
Le legs artistique d’une souveraine ambitieuse
L’exposition met en lumière le rôle méconnu de Caroline Murat dans la préservation et la diffusion du patrimoine antique. Une contribution qui dépasse le cadre d’une simple collection privée pour s’inscrire dans l’histoire culturelle européenne.
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