Patricia Hochhauser, 56 ans, ancienne conductrice d’autobus scolaire, s’élancera ce week-end sur les routes de New York pour le 5 Boro Bike Tour. Ce parcours de 40 miles à travers les cinq arrondissements de la ville marque une étape majeure dans son retour à la vie normale, après qu’un grave traumatisme crânien l’a obligée à réapprendre à pédaler, puis à rouler tout court.

Le parcours, qui passe notamment sous le pont de Verrazano, a une résonance particulière pour cette habitante de Dyker Heights, à Brooklyn. « Passer ce pont, ce serait comme accomplir quelque chose — ‘J’ai survécu, j’y suis arrivée’, confie-t-elle au New York Post à quelques heures du départ. Ce pont est un rappel de ce que j’étais avant mon accident, quand je roulais à scooter et que tout a basculé.

Le choc et ses séquelles

Le 4 octobre 2024, Patricia et son mari Harold testaient leur nouveau scooter électrique dans un parking proche de leur domicile. Sans casque, comme à leur habitude après seize ans de vie commune et des sorties à vélo jusqu’à cinq fois par semaine. Patricia a perdu le contrôle du véhicule et s’est écrasée tête la première. Elle a subi un hématome sous-dural, une commotion cérébrale et une plaie nécessitant quinze agrafes. Son traumatisme crânien a laissé des séquelles durables : vertiges, brouillard mental et troubles de la mémoire si marqués qu’elle a dû recourir à une aide à domicile pour des tâches aussi simples que se rendre aux toilettes.

« Des pans entiers de ma vie se sont effacés, raconte-t-elle. Je ne reconnaissais plus certains visages de ma famille, des détails de voyages… Mais une chose est restée intacte : mon amour du vélo. » Après six mois de soins et plusieurs séries de rééducation, son médecin a fini par lui donner son accord pour remonter en selle. À condition d’y aller progressivement. Harold, qu’elle qualifie de « superpouvoir », a eu l’idée d’équiper son vélo de petites roues et de l’accompagner en courant à ses côtés pendant qu’elle apprenait à pédaler à nouveau.

« Les petites roues, c’était juste pour qu’elle se sente en confiance. Les choses peuvent basculer si vite, explique Harold. Et je lui ai acheté le meilleur casque du marché à l’époque. La sécurité avant tout. » L’émotion a submergé Patricia lorsqu’elle a enfourché son vélo pour la première fois depuis l’accident. « J’ai toujours adoré rouler, surtout avec mon mari. Je ne voulais pas perdre ça. Il fallait que je retrouve ce plaisir.

Pourtant, certains passants n’ont pas manqué de rire en la voyant rouler avec des petites roues, et une jeune fille lui a même demandé pourquoi une adulte en avait besoin. Patricia en a profité pour sensibiliser son interlocutrice aux dangers de rouler sans casque. « Une mauvaise décision, je la paie encore aujourd’hui », admet-elle. Malgré sa guérison physique, elle souffre toujours de « décharges cérébrales » qui la réveillent en pleine nuit, de vertiges persistants et de troubles de la mémoire. « Qui sait si je retrouverai un jour ma mémoire ? Qui sait si je redeviendrai ‘normale’ ? Je dis souvent à Harold que je ne suis pas morte ce jour-là, mais une partie de moi, si.

Un mois après l’ajout des petites roues, Patricia les a retirées. Six mois plus tard, elle et Harold ont relevé le défi du Tour de Yonkers, un parcours de 50 miles. Le 5 Boro Bike Tour, plus court, n’en reste pas moins chargé d’émotion pour le couple, qui a passé d’innombrables heures à pédaler sous le pont de Verrazano. « Je serai au départ avec mon casque, mon numéro, mon enthousiasme et mon mari, déclare-t-elle. Parce que si je n’arrive pas à gravir ce pont, je sais qu’il sera là pour m’aider, comme il l’a fait depuis le début.

Un retour à la vie à deux roues

Harold ne doute pas de la capacité de son épouse à affronter la montée du pont. « Ma femme est une battante. Je sais qu’elle y arrivera.

Sources :
  • New York Post

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