À Roubaix, la séance du conseil municipal de mercredi dernier a tourné au débat houleux. Au cœur des tensions : la fixation des indemnités des élus, un sujet traditionnellement sensible dans les collectivités territoriales. L’équipe du maire David Guiraud, fraîchement élue, a acté une augmentation pour elle-même et ses adjoints, tout en diminuant celles des conseillers d’opposition. Une décision qui, loin de passer inaperçue, a immédiatement provoqué une vague de critiques, aussi bien en interne qu’à l’extérieur de la ville.
L’augmentation la plus commentée concerne l’indemnité brute mensuelle de David Guiraud, portée à 4 876 euros, soit 455 euros de plus que celle perçue par son prédécesseur, Alexandre Garcin. Une somme qui reste toutefois inférieure à celle accordée à Guillaume Delba, autre figure locale. Les adjoints, eux, voient leur rémunération progresser de 55 à 58 %, selon qu’ils siègent ou non à la métropole. Arsène Igoussimène, adjoint à la propreté, bénéficie même d’une exception avec une indemnité de 2 713 euros, soit près de 700 euros de plus que certains de ses collègues. Dans le même temps, les conseillers municipaux de l’opposition voient leurs indemnités réduites de 31 à 51 %, une mesure qui, malgré tout, ne suffit pas à compenser l’enveloppe globale en hausse de 18 % par rapport à la mandature précédente.
L’opposition, vent debout contre ces décisions, multiplie les critiques. Alexandre Garcin, ancien maire par intérim, dénonce un « coup dur » pour les finances municipales. Isabelle Deheunynck, membre du groupe Agir au cœur de Roubaix, fustige une « rupture » de promesses, soulignant que l’équipe Guiraud « commence par augmenter les indemnités du maire et des adjoints, tout en réduisant les moyens de l’opposition ». Maël Camerlynck, élu Debout la France, parle quant à lui de « mesquinerie » et de « chiffres accablants », accusant la majorité de vouloir affaiblir ses adversaires politiques.
Guiraud contre-attaque avec des arguments financiers et morauxFace à ces attaques, David Guiraud a publié un long message sur X pour clarifier sa position. Il rappelle d’abord que son indemnité aurait pu atteindre 5 960 euros s’il avait simplement bénéficié du plafond maximal, sans délibération spécifique. Il compare ensuite son salaire à celui de son prédécesseur, dont l’indemnité totale, avant 2020, dépassait 10 000 euros grâce à des cumul de mandats aujourd’hui interdits par la loi. « Je ne crois pas être grand gagnant au change », reconnaît l’insoumis, qui assume une baisse de près de 3 000 euros en passant du statut de député à celui de maire. Il évoque également une indemnité de 1 148 euros pour son rôle de conseiller métropolitain, insistant sur le fait qu’il « a fait le choix de servir les Roubaisiens ».
Pour clore le débat, Guiraud invite ses détracteurs à comparer son indemnité à celle des autres maires de villes de plus de 100 000 habitants. Il cite notamment Louis Aliot, maire RN de Perpignan, dont le salaire a grimpé de 5 000 à près de 5 300 euros. L’édile de Roubaix justifie aussi la restructuration des adjoints, réduits en nombre mais mieux rémunérés, pour garantir une présence accrue sur le terrain et une efficacité renforcée. Élu avec 53,19 % des voix, il sait que chaque décision sera scrutée de près, alors que Roubaix reste la deuxième ville la plus peuplée dirigée par la gauche radicale.
- Le Parisien
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