Le Premier ministre Sébastien Lecornu a qualifié de « vérité d'une extrême gravité » le rapport d'inspection sur l'affaire Lyhanna, rendu public ce lundi 22 juin. Il a estimé que « la chaîne de protection a failli » dans le traitement des signalements concernant Jérôme Barella, mis en cause pour des faits de viol sur mineurs. Le chef du gouvernement a annoncé un renforcement immédiat du projet de loi sur la protection de l'enfance, avec notamment l'obligation d'actes d'enquête dans les trois mois suivant une plainte pour viol sur mineur.

De son côté, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a demandé une enquête de commandement pour identifier les responsabilités dans le traitement de la plainte déposée en août 2025 par la mère de Rosa, une enfant de 10 ans. Le ministre a également ordonné la mutation d'office du directeur d'enquête et du commandant de compagnie de Condom, dans le Gers, ainsi que leur placement dans des emplois hors exercice de la police judiciaire. « Ces décisions sont prises dans l'intérêt du service », a-t-il précisé dans un communiqué.

Une procédure judiciaire en lambeaux

Le rapport d'inspection, réalisé par l'inspection générale de la justice et celle de la gendarmerie nationale, révèle que la plainte de Rosa n'a « pas été traitée comme une procédure prioritaire ». Les rapporteurs soulignent un manque de réactivité flagrant : « le caractère sensible de la procédure n'a pas été relayé, la procédure n'a pas été orientée vers le bon service de gendarmerie, retardant son traitement ». Cette plainte, qui évoque « une cinquantaine de viols » attribués à Jérôme Barella, a même effectué deux allers-retours entre la Haute-Garonne et le Gers sans jamais aboutir à une audition du mis en cause.

« La chaîne de protection a failli » — Sébastien Lecornu sur l'affaire Lyhanna.

L'avocate de Léa, une autre plaignante de 12 ans, a dénoncé un « manque de moyens » criant dans la prise en charge des dossiers de ce type. Elle a évoqué une « défaillance multifactorielle » dans le traitement des signalements et des plaintes visant Jérôme Barella. Pourtant, un gendarme avait perçu sa dangerosité et alerté ses collègues, sans succès. « Ce sont des problèmes systémiques », a-t-elle insisté.

Le rapport met en lumière les dysfonctionnements du parquet et de la gendarmerie du Gers dans le traitement de l'affaire Lyhanna. Les inspecteurs ont mené une trentaine d'entretiens pour établir ce constat accablant. Gérald Darmanin avait déjà ordonné, après la mort de Lyhanna, le réexamen de l'intégralité des plaintes concernant des enfants, soit environ 70 000 dossiers.

70 000 dossiers d'enfants victimes à réexaminer après la mort de Lyhanna.

Dans le cadre de ces procédures, 134 personnes sont actuellement placées en détention provisoire pour viols ou agressions sexuelles sur mineurs. Ces individus, en attente de procès, présentent un risque avéré de réitération, de fuite ou de pression sur des témoins, selon une source gouvernementale. Leur maintien en détention illustre l'urgence à réformer les procédures.

Les sanctions immédiates des responsables

Le gouvernement a également annoncé que les parents seraient désormais informés de l'identité des adultes encadrant leurs enfants dans le cadre des activités périscolaires. Une mesure destinée à renforcer la transparence et la confiance dans les structures éducatives. Par ailleurs, le projet de loi prévoit d'instaurer la réclusion criminelle à perpétuité pour les violeurs en série de mineurs.

Sources :
  • BFMTV

Votre soutien est plus essentiel que jamais.

Cet article vous est offert gratuitement par NATIONO. Notre rédaction garantit son indépendance en refusant toute influence. Votre contribution, même modeste, est le moteur de notre liberté.

Soutenir NATIONO