Le corps de Lyhanna, 11 ans, a été retrouvé jeudi dans un silo agricole à Puycasquier, dans le Gers. La jeune fille, scolarisée en collège, était portée disparue depuis plusieurs jours. Les enquêteurs ont confirmé que sa mort était en lien avec une enquête en cours pour violences sexuelles. Le principal suspect, Jérôme Barella, fait déjà l'objet de six plaintes ou signalements pour des faits similaires remontant à 2017.
L'avocat de l'association Innocence en danger, partie civile dans l'affaire, a dénoncé samedi sur franceinfo l'indifférence de notre pays face aux dysfonctionnements judiciaires. Jean Sannier a estimé que « la justice n'est pas en train de mourir en France, mais qu'elle est déjà morte ». Il a souligné l'absence de réactivité des services judiciaires face aux signalements répétés concernant le suspect.
Un parcours judiciaire sous haute surveillance
Adeline Hazan, ancienne juge des enfants et présidente d'Unicef France, a partagé ce constat alarmant. Elle a évoqué un problème systémique au sein de la justice, pointant notamment le manque de moyens des services d'enquête. « Les services d'enquête, manifestement, n'ont pas été les bons à être saisis et il semble que la parole de l'enfant n'ait pas été écoutée », a-t-elle déploré.
Le parcours du suspect interroge : entre 2017 et aujourd'hui, plusieurs signalements pour comportements inappropriés envers des mineures ont été transmis à la justice sans suite. La psychologue Johanna Smith, spécialiste des violences sexuelles sur mineurs, a rappelé l'importance d'une intervention rapide. « Plus on intervient vite sur les comportements problématiques repérables, plus c'est dissuasif », a-t-elle analysé.
Les dysfonctionnements dénoncés dans cette affaire soulèvent des questions sur la chaîne de protection des enfants en France. Des associations et professionnels du secteur appellent à une réforme urgente des procédures judiciaires et sociales. Les familles des victimes réclament justice et une meilleure prise en compte des alertes.
Dans ce contexte, l'affaire Lyhanna devient le symbole d'un système à bout de souffle. Les familles et les associations attendent des réponses concrètes, tandis que les pouvoirs publics peinent à rassurer sur l'efficacité des dispositifs existants.
Les dysfonctionnements judiciaires dans cette affaire rappellent ceux d'autres dossiers médiatisés ces dernières années. Les familles de victimes dénoncent régulièrement l'inefficacité des mécanismes de signalement et de suivi des mineurs en danger.
Protection de l'enfance : l'urgence d'une refonte
Les proches de Lyhanna et les associations appellent à une mobilisation nationale pour éviter que d'autres drames ne se produisent. Ils exigent une refonte des procédures de signalement et une meilleure coordination entre les acteurs de la protection de l'enfance.
- France Info
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