Près d'une semaine après la découverte du corps de Lyhanna, les dysfonctionnements graves des institutions judiciaires et policières sont largement dénoncés. Sébastien Lecornu, Premier ministre, a présenté hier plusieurs mesures à intégrer dans le projet de loi sur la protection des enfants, examiné à l'Assemblée nationale le 15 juillet prochain.

Dans cette affaire, les services policiers et judiciaires n'avaient pas été prévenus. Un choix soutenu par le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray, pour qui une relation par SMS ne relève pas du pénal. « On verra, pour être sûr que l'on n'a pas laissé passer quoi que ce soit », a-t-il ajouté.

Un système judiciaire sous le feu des critiques

Deux plaintes avaient pourtant été déposées par Audrey, mère de Rosa, accusant Jérôme Barella de viols répétés depuis août 2025, alors que la jeune fille venait d'avoir 12 ans. Rosa a décrit aux enquêteurs des agressions sexuelles commises par Barella, corroborées par un examen médico-légal réalisé le 11 septembre 2025.

« On aurait dû mettre de côté monsieur Barella. » — Gérald Darmanin, garde des Sceaux

Rosa, amie des filles de Barella, recevait des cadeaux et des messages affectueux de sa part. Elle a détaillé des pénétrations et des fellations imposées par l'homme, dont les actes ont été confirmés par l'expertise médicale. Barella, principal suspect dans l'affaire Lyhanna, avait fait l'objet de plusieurs signalements et plaintes pour violences sexuelles sur mineures.

Le garde des Sceaux Gérald Darmanin a exprimé sa colère froide devant le Sénat, évoquant des « preuves » de culpabilité contre Barella. Il a estimé que ce dernier aurait dû être placé en garde à vue et a pointé des « dysfonctionnements graves » dans le traitement de l'affaire.

« On a fait des actes d'enquête qui ne correspondent pas à un viol sur enfant », a-t-il déclaré. « On aurait dû mettre de côté monsieur Barella. » Le général Hubert Bonneau, chef de la gendarmerie nationale, a reconnu un « échec » de son institution dans cette affaire.

Un échec reconnu par la gendarmerie nationale

La ministre déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes s'est dite favorable à l'instauration de la perpétuité pour les viols sur mineurs. Elle a également plaidé pour un « élargissement du volume de peine et du quantum de peine pour des viols commis sur des majeurs ».

Les mesures proposées par le gouvernement

Gérald Darmanin et Laurent Nuñez, ministres de la Justice et de l'Intérieur, étaient auditionnés hier devant la commission sénatoriale. Leurs déclarations ont alimenté les critiques sur la gestion des signalements et des enquêtes dans les affaires de violences sexuelles sur mineurs.

Sources :
  • BFMTV

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