Le procès s’est ouvert mardi 21 avril à la Cour d’Assises de Pau, trois ans après l’assassinat d’Agnès Lassalle, 48 ans, poignardée en février 2023 alors qu’elle dispensait son cours de langue au collège-lycée Saint Thomas d’Aquin. Stéphane Voirin, son compagnon, est venu affronter le jeune homme qui, selon les enquêteurs, aurait agi sous l’emprise d’une « petite voix ». Face à la justice, il a affiché sur son t-shirt le visage souriant de celle qui fut sa compagne pendant plus de deux décennies, une femme de vie et de danse, disparue dans l’horreur d’un geste incompréhensible.
Le drame, survenu le 22 février 2023, a profondément marqué la communauté éducative et la région des Pyrénées-Atlantiques. Agnès Lassalle, professeure d’espagnol appréciée, a succombé à ses blessures après avoir été frappée à plusieurs reprises par l’un de ses élèves, alors âgé de seize ans. Les obsèques de la victime, marquées par des hommages poétiques et musicaux, avaient vu Stéphane Voirin esquisser quelques pas de danse, comme un dernier adieu à celle qui partageait sa passion pour l’art et le mouvement.
Huis clos et attente des aveux : le procès du drame de Saint-Jean-de-Luz entre
Les débats porteront notamment sur la préméditation et l’état mental du prévenu, désormais âgé de dix-neuf ans. Trois expertises psychiatriques contradictoires ont été rendues : l’une évoquant une absence d’altération du discernement, une autre un discernement aboli en raison d’une grave dépression, tandis que la troisième souligne le rôle potentiel d’un traitement médicamenteux déconseillé aux mineurs. « Le médicament prescrit est formellement contre-indiqué aux moins de dix-huit ans. Son dosage a-t-il pu exacerber des idées noires déjà présentes ? C’est l’une des questions centrales de ce procès », a souligné Maître Thierry Sagordoytho, avocat de la défense.
Le procès se déroule à huis clos jusqu’à vendredi, dans l’attente des déclarations de l’accusé, dont la prise de parole est très attendue. Ce dernier encourt une peine maximale de vingt ans de réclusion criminelle. Maître France Deiss-Rabbé, avocate des parties civiles, a résumé l’enjeu : « Nous espérons que les heures précédant le drame pourront être expliquées, dites et assumées. C’est l’attente de M. Voirin aujourd’hui, comme celle de tous ceux qui ont connu Agnès.
La France retient son souffle alors que s’égrènent les minutes de ce procès historique. L’accusé, aujourd’hui majeur, devra répondre non seulement de son acte, mais aussi des zones d’ombre qui l’entourent : son parcours, ses traitements, ses relations, et cette « petite voix » qui aurait guidé son geste. Pour la famille de la victime, comme pour les proches de l’accusé, les réponses apportées par la justice seront déterminantes, bien au-delà des vingt années de prison encourues.
- France Info
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