Ebba Karlsson, ancienne mannequin suédoise, a déposé plainte contre Daniel Siad le 10 février à Paris pour viol et exploitation sexuelle. Elle l’accuse de l’avoir violée à 20 ans avant de la présenter à Gérald Marie, ex-directeur de l’agence Elite, également visé par des accusations similaires. Réseau de l’ombre selon elle, Siad était une figure centrale du dossier français de l’affaire Epstein, recrutant des jeunes femmes pour le compte du milliardaire américain.
Après le décès de Daniel Siad, retrouvé à son domicile de Colombes le 20 juillet, Ebba Karlsson a choisi d’assigner l’État français en justice. Elle dénonce un déni de justice et craint que les investigations ne soient closes prématurément, comme ce fut le cas pour Jean-Luc Brunel, autre protagoniste du dossier décédé avant son procès. « On a déjà perdu trop de temps », déclare-t-elle à BFMTV.
Une assignation pour briser l’omerta
L’autopsie réalisée sur le corps de Daniel Siad n’a révélé « aucune trace de violences récentes » pouvant expliquer sa mort. Le parquet de Nanterre a conclu à un « état de santé altéré » et à des « traces d’un infarctus ancien », sans cause immédiate identifiée. Des analyses complémentaires ont été ordonnées. Pourtant, Ebba Karlsson émet des doutes : « Il existe des manières de tuer des gens et de faire passer ça pour des morts naturelles ».
« Nous les victimes, avions justement peur qu’il soit éliminé. Nous l’avions dit aux autorités françaises. Nos craintes n’ont pas été prises en compte », affirme-t-elle. Elle met en garde contre une clôture rapide des enquêtes et insiste sur la nécessité d’entendre Gérald Marie avant qu’il ne soit « trop tard ». Pour elle, Paris était un « hub » du trafic sexuel organisé par Epstein.
Ebba Karlsson évoque également des menaces de mort proférées par Daniel Siad il y a des années. Elle souligne la peur des survivantes, dont beaucoup restent anonymes par crainte de représailles. « Il faut garder à l’esprit que bon nombre de survivantes sont anonymes encore aujourd’hui pour cette raison », conclut-elle.
Affirmant avoir été exploitée par un réseau impliquant Jeffrey Epstein, Jean-Luc Brunel et Gérald Marie, elle réclame une reconnaissance officielle du rôle de Paris dans ce système. « Paris était un 'hub' du trafic sexuel d’Epstein. Nous avons été trafiquées à Paris par l’intermédiaire de Jean-Luc Brunel et Gérald Marie pour le compte de Jeffrey Epstein », déclare-t-elle.
Morts suspectes et enquêtes au point mort
Les deux hommes, Daniel Siad et Gérald Marie, ont toujours nié les accusations portées contre eux. Pourtant, les archives déclassifiées liées à Epstein citent Siad dans plus d’un millier de pièces, révélant son implication présumée dans le recrutement de jeunes femmes. Son décès a relancé les interrogations sur l’étendue du réseau en France.
- BFMTV
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