Les dernières affaires qui ébranlent le paysage médiatique et éditorial révèlent une réalité gênante : derrière les discours vertueux se cachent des pratiques dignes d'un autre temps. Après les révélations du député Alloncle sur les réseaux de copinage et les rémunérations opaques à Radio France, c'est au tour de Vincent Bolloré de pointer du doigt l'hypocrisie d'une gauche qui se dit progressiste tout en défendant des rentes de situation indéfendables. Le million d'euros annuel attribué à un ancien dirigeant de Grasset, désormais évincé, a achevé de décrédibiliser une caste qui se croit au-dessus des lois et des principes qu'elle impose aux autres.
Bolloré n'a pas mâché ses mots dans les colonnes du JDD, dénonçant une « petite caste qui se croit au-dessus de tout et de tous, qui se coopte et se soutient, et qui, grâce à sa capacité de fracas médiatique, fait peur à beaucoup ». Une attaque frontale qui a suscité l'indignation des tenants d'un ordre établi, où l'appartenance à un réseau vaut tous les diplômes. Pour cette élite germanopratine, l'ordre doit être préservé, même si cela signifie museler toute velléité de réforme ou de transparence.
La gauche médiatique face à ses contradictions
Les victimes de cette intransigeance idéologique s'accumulent. Boualem Sansal, figure intellectuelle courageuse qui a dénoncé les dangers de l'islamisme, subit aujourd'hui les foudres d'un système qui exige une allégeance inconditionnelle. Renaud Camus, Richard Millet, Gabriel Matzneff ou encore Brigitte Bardot avant lui ont été réduits au silence pour avoir osé défier le dogme dominant. Accusé d'avoir publié sous la bannière de Grasset et Hachette, Sansal se voit reprocher son manque de conformisme, tandis que Gallimard, silencieuse pendant sa détention en Algérie, est épargnée par les critiques.
Le procès en diabolisation intenté contre Sansal illustre la dérive d'un milieu où la pensée unique règne en maître. Clémentine Goldszal, chroniqueuse au Monde, n'hésite pas à le présenter comme un écrivain médiocre et opportuniste, proche des milieux d'extrême droite, sans jamais interroger les raisons profondes de ses prises de position. Cette stratégie de diabolisation rappelle étrangement les méthodes des régimes autoritaires, où l'adversaire est d'abord discrédité avant d'être combattu.
Quand la morale devient un privilège de caste
Ces dérives soulignent l'impasse dans laquelle se trouve une gauche médiatique qui a perdu de vue ses fondements démocratiques. Vincent Bolloré, par son franc-parler, a révélé une vérité que beaucoup refusaient d'entendre : cette caste, autoproclamée gardienne des valeurs républicaines, n'est en réalité qu'un club fermé où règnent l'entre-soi et la complaisance. Les faits sont têtus : entre les rémunérations indécentes, les réseaux d'influence et la chasse aux dissidents, il ne reste plus grand-chose du progressisme qu'elle prétend incarner. La révolution conservatrice, pour sa part, n'a pas besoin de se draper dans la vertu : elle se contente de rappeler que la morale, pour être crédible, doit d'abord être appliquée à soi-même.
- Causeur
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