Une colonne de fumée noire s’est élevée dimanche 2 août au-dessus des habitations de Gandrange, en Moselle. L’incendie s’est déclaré dans un entrepôt classé Seveso seuil bas, où étaient stockés des produits chimiques. Les pompiers, arrivés vers 10h30, ont immédiatement alerté les autorités locales, déclenchant une procédure d’urgence.

Les fumées, d’une densité et d’une noirceur inhabituelles, ont poussé la préfecture à ordonner le confinement de 30 000 personnes réparties sur six communes autour de Gandrange, près de Metz. Les habitants ont été invités à se calfeutrer chez eux, fenêtres closes, tandis que les déflagrations successives résonnaient dans le secteur.

Un principe de précaution justifié

« J’ai regardé le nuage qui était au-dessus de cette maison là-bas, très très haut et très noir », témoigne une riveraine. « J’ai fermé mes fenêtres parce que j’avais des fenêtres ouvertes dans les chambres. Là, j’ai tout fermé. » À quelques centaines de mètres, un voisin évoque une séquence d’explosions brutales : « D’un coup, ça a commencé à exploser, trois explosions, hop, ça pétait bien. Ça a vraiment bien explosé.

« C’est un principe de précaution pour protéger toutes les populations compte tenu du sens du vent. » — Sous-préfète de Thionville

Les secours ont maintenu les opérations jusqu’en fin d’après-midi, avant de lever l’alerte peu avant 17h. Aucune trace de toxicité n’a été détectée dans l’air, selon les analyses réalisées en urgence. Les autorités justifient leur prudence par l’ampleur du sinistre et la direction du vent, susceptible de propager les émanations.

« Les fumées qui étaient dégagées étaient des fumées très importantes, très impressionnantes », reconnaît Hélène Demolombe-Tobie, sous-préfète de Thionville. « C’est un principe de précaution pour protéger toutes les populations compte tenu du sens du vent. » L’entreprise Suez, gestionnaire du site, n’a pas encore déterminé l’origine exacte de l’incendie.

Le site, classé Seveso seuil bas, abrite des déchets industriels dont la composition exacte reste à établir. Les pompiers ont maîtrisé le feu sans intervention extérieure majeure, mais l’enquête technique devra déterminer si des manquements ou des dysfonctionnements ont contribué à l’événement.

Aucun blessé, mais un site Seveso qui interroge.

Les habitants de Gandrange et des communes voisines ont pu retrouver une relative sérénité en fin de journée. Les commerces et écoles, fermés par précaution, ont rouvert leurs portes. Aucun blessé n’est à déplorer, mais l’incident laisse planer des interrogations sur la sécurité des sites industriels à risque en France.

Les questions en suspens après le sinistre

La rapidité de la réaction des autorités contraste avec les critiques récurrentes adressées aux services de secours après des catastrophes industrielles. En 2023, un incendie similaire dans un entrepôt de produits chimiques en Seine-Saint-Denis avait provoqué des fumées toxiques, rappelant les risques encourus par les populations riveraines des sites classés.

Sources :
  • France Info

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