Sébastien Delogu, député LFI de la 7e circonscription des Bouches-du-Rhône, a été au cœur d’une affrontement verbal avec des agents du SISTC (Service interdépartemental de sécurisation des transports en commun) lundi 24 août à Marseille. Les policiers ont déposé plainte pour outrage, tandis que l’élu a porté plainte contre X pour violences et usurpation de fonction.

L’incident s’est produit vers 15h30, alors que trois policiers du SISTC intervenaient pour le vol d’une montre de luxe dans le 2e arrondissement. Ils ont croisé Delogu devant son immeuble, où le suspect était susceptible de se trouver. Selon les agents, le député les aurait empêchés d’accéder au bâtiment et aurait tenu des propos outrageants, dont la phrase « la République, c’est moi, trous du cul ».

Deux récits opposés

Les policiers assurent avoir retrouvé le suspect et l’avoir interpellé. Trois plaintes ont ensuite été déposées contre Delogu pour « outrages sur personne dépositaire de l’autorité publique ». Une vidéo de 30 secondes, obtenue par BFMTV, montre l’un des agents traiter l’élu de « trou du cul », mais sans révéler les échanges précédents ou suivants.

Un député LFI face à trois policiers : qui ment ?

L’avocat de Delogu, Me Yonès Taguelmint, conteste cette version. Il affirme que son client n’a été en contact qu’avec un seul policier, « habillé en tenue de civil », devant son immeuble. Selon lui, Delogu a été « bousculé » et a « manifesté son agacement », mais n’a jamais prononcé la phrase incriminée.

Le député a détaillé sa version des faits dans un courrier adressé à la préfète de police. Il raconte avoir été confronté à un homme « agité » tentant de forcer l’accès à son immeuble. Delogu affirme avoir demandé son identité à l’individu, qui prétendait appartenir à la police sans présenter de carte professionnelle ni porter d’uniforme.

Selon l’élu, l’agent l’a suivi à l’intérieur, l’insultant avec mépris devant ses collègues. Il dénonce avoir entendu « tu es une merde », « tu pues de la gueule » et « c’est normal que tout le monde te déteste ». Il affirme également qu’un policier a « refermé violemment » la porte de son logement, le mettant en danger.

La République, c’est moi… ou des insultes en civil ?

Delogu a réclamé une enquête sur ces faits, l’identification des agents impliqués et la saisie de l’IGPN. Il a également demandé au gestionnaire de l’immeuble la conservation des vidéosurveillance pour étayer ses propos. Le parquet de Marseille a ouvert une enquête de flagrance, tandis que l’élu a porté plainte contre X pour violences volontaires et faits commis par des personnes se présentant comme fonctionnaires de police.

L’enquête de flagrance ouverte

Les deux parties s’opposent donc sur les circonstances exactes de l’incident. Les policiers évoquent une altercation avec un élu qui les aurait empêchés d’agir, tandis que Delogu décrit une agression verbale et physique de la part d’agents non identifiables. L’enquête devra trancher entre ces versions contradictoires.

Sources :
  • BFMTV

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