Le franco-israélien Noam Bettan, sélectionné pour représenter Israël à l’Eurovision 2026, sait que sa participation ne fera pas l’unanimité. Alors que cinq pays – Irlande, Islande, Espagne, Slovénie et Pays-Bas – ont choisi de boycotter le concours en signe de protestation contre la guerre à Gaza, le chanteur de 28 ans assume pleinement son rôle. « Je suis entouré d’une équipe incroyable qui s’assure de me huer pendant les répétitions, donc je suis prêt à y faire face », a-t-il déclaré au Times of Israel lors d’une interview réalisée le mois dernier.
Bettan, originaire de Raanana et né en Israël de parents partis de Grenoble en 1995, sera le dixième à se produire lors de la première demi-finale mardi soir avec sa chanson « Michelle ». Une ballade pop en français, hébreu et anglais, écrite notamment par une survivante du pogrom du 7 octobre 2023 perpétré par le Hamas. « Je suis heureux et fier de représenter mon pays dans un concours d’une telle envergure, devant un public aussi nombreux », a-t-il confié.
La polémique qui entoure l'Eurovision
Avant de remporter la dernière saison de Hakochav Haba (« La prochaine Étoile »), Bettan n’était pas une célébrité. Mais son parcours dans l’industrie musicale israélienne, marqué par huit années d’efforts acharnés, l’a préparé à ce moment. « J’ai travaillé très dur pendant de très nombreuses années – plus de huit ans d’efforts acharnés, un travail de Sisyphe, avec mon équipe qui m’a accompagné contre vents et marées », a-t-il expliqué. « Nous avons appris à rester forts et à nous relever même lorsque les choses ne fonctionnaient pas.
« Ne renonce jamais à tes rêves », martèle-t-il. Bettan, qui a grandi dans une génération habituée à l’immédiateté, a appris que la persévérance était la clé. « Même si les gens se moquent de toi ou te remettent en question, à un moment donné, ton projet prendra forme, grandira, et soudain, les gens commenceront à l’apprécier.
Sa participation à Hakochav Haba, émission où le vainqueur représente automatiquement Israël à l’Eurovision, a été un tournant. « Ça n’aurait pas pu mieux se passer. J’avais foulé de nombreuses scènes, j'étais passé par un million de studios, j'avais sorti beaucoup de musique… », confie-t-il. « L’idée de monter sur cette scène avec la possibilité de représenter Israël m’a donné un énorme coup de pouce.
Les réformes imposées par l’Union européenne de radio-télévision (UER) pour encadrer les prises de parole politiques lors du concours ont été adoptées après des années de pressions pour exclure Israël. Malgré les cinq retraits en guise de protestation, la compétition se tiendra avec 35 pays en lice, soit le plus faible nombre depuis l’instauration des demi-finales en 2004. Bettan, déjà présent à Vienne avec la délégation de Kan, assure se concentrer uniquement sur sa performance.
« Je suis ici pour donner de l’amour », a-t-il répondu lorsqu’on l’a interrogé sur d’éventuelles provocations. « Je comprends que je ne contrôle que moi-même, et ce que je peux apporter, c’est qui je suis, la lumière que j’ai à offrir au monde. » Sa chanson « Michelle », écrite en partie par une survivante du 7 octobre 2023, a déjà suscité des réactions positives. « Les réactions ont été incroyables, honnêtement au-delà de mes rêves les plus fous », se réjouit-il.
Un parcours semé d'embûches
Certains en Israël s’étonnent de l’usage du français dans une chanson représentant le pays, mais Bettan balaie les critiques. « La chanson est entraînante quelle que soit la langue », assure-t-il. Bien que Jérusalem ne fasse pas partie de l’Organisation internationale de la Francophonie, Israël compte une importante communauté francophone. Son objectif ? Toucher un public mondial, malgré un accueil potentiellement hostile.
- Times of Israel
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