Alberto Núñez Feijóo, président du Parti populaire (PP), a transformé sa traditionnelle conférence de presse de fin d’année politique en un bilan de législature. Une démarche qu’il jugeait inévitable, tant les trois dernières années ont été marquées par des scandales quotidiens plutôt que par une gestion gouvernementale. « Je m’exprime à la veille du troisième anniversaire des élections du 23 juillet 2023 », a-t-il lancé avant de conclure : « Ce qui est mauvais, ce sont ces trois années terribles. Ce qui est bon, c’est qu’il ne reste que quelques mois avant le changement ».
L'héritage empoisonné de Zapatero
Dans ce bilan, un dossier a particulièrement retenu son attention : celui de José Luis Rodríguez Zapatero, ancien Premier ministre espagnol désormais mis en cause pour des faits de corruption devant l’Audience nationale. Feijóo a dénoncé un homme qui, selon lui, a trompé les Espagnols pendant des années. « Son socialisme, c’est celui de ceux qui ont beaucoup et déclarent peu », a-t-il asséné. Mais le plus grave, selon lui, réside ailleurs : « Sans Pedro Sánchez et son gouvernement, il n’aurait jamais pu commettre ces délits ».
Le président du PP a ainsi voulu signifier la fin anticipée de l’ère Sánchez à la Moncloa. « La situation est insoutenable, et ils le savent, même s’ils font semblant de l’ignorer », a-t-il lancé. Selon son analyse, le gouvernement actuel est politiquement exsangue, a perdu toute capacité d’action parlementaire et ne dispose plus d’aucune légitimité morale.
Pourtant, Feijóo a tenu à apporter une lueur d’espoir. Il a multiplié les engagements en faveur d’une « reconstruction nationale », promettant aux Espagnols de savoir précisément ce qu’ils peuvent attendre de son parti lorsqu’il sera aux commandes. Une stratégie visant à préparer l’après-Sánchez, alors que les prochaines élections approchent.
Un gouvernement sans souffle ni légitimité
Dans un contexte où la défiance envers les institutions atteint des sommets, ces déclarations s’inscrivent dans une offensive politique destinée à discréditer l’action du gouvernement sortant. Feijóo mise sur l’épuisement des trois années écoulées pour convaincre les électeurs de la nécessité d’un tournant. Les prochains mois s’annoncent donc décisifs, tant pour le PP que pour le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE).
- El Español
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