Le 12 mai, en clôture de sa grand-messe The Android Show, Google a officialisé les Googlebook : une gamme d'ordinateurs premium conçus pour rivaliser avec les MacBook d'Apple et les PC sous Windows. Ces machines s'appuient sur un système d'exploitation maison, autrefois appelé « Aluminium OS », une déclinaison d'Android adaptée aux PC. Leur lancement est prévu pour l'automne 2026, une période stratégique pour capter les ventes de la rentrée scolaire et des fêtes de fin d'année.
Contrairement à Apple, qui contrôle toute la chaîne de production de ses MacBook, Google opte pour une approche différente. Les Googlebook ne seront pas des machines uniques produites par Google, mais une catégorie certifiée ouverte à plusieurs constructeurs. Cette stratégie permet à l'entreprise d'éviter les coûts élevés des lignes de production, tout en assurant une présence immédiate sur le marché. Le risque ? Une qualité inégale entre les modèles.
Une stratégie à double tranchant
Les constructeurs partenaires incluent Acer, Asus, Dell, HP et Lenovo. Google impose des critères stricts pour garantir le haut de gamme : utilisation de matériaux premium comme l'aluminium, finitions soignées et une puissance de calcul minimale pour faire tourner l'IA Gemini en local. Les puces autorisées proviennent aussi bien d'Intel que de Qualcomm ou MediaTek, offrant ainsi une grande diversité de configurations.
Les prix ne seront pas unifiés. Selon les configurations — notamment la quantité de RAM et le type de processeur — les tarifs varieront d'une marque à l'autre. Google table sur une fourchette comprise entre 700 € et 1 200 €, voire davantage pour les modèles les plus haut de gamme. Ces prix placent les Googlebook en concurrence directe avec les MacBook Air et les MacBook Neo, qui dominent actuellement le marché.
Les Googlebook visent deux segments distincts. D'un côté, les modèles équipés de puces Intel ciblent les utilisateurs recherchant de la puissance pour des logiciels lourds et le multitâche intensif. De l'autre, les versions ARM (Qualcomm, MediaTek) s'adressent aux consommateurs en quête d'appareils fins, endurants et intégrés à leur smartphone. Google mise ici sur une expérience fluide grâce à l'intégration de Gemini, un atout face à Apple, dont l'iPhone Mirroring accuse un retard en France.
Google précise que les Chromebook ne sont pas menacés par cette nouvelle gamme. Les deux partagent une partie de leur ADN, mais les Googlebook se positionnent clairement en milieu et haut de gamme, tandis que les Chromebook restent cantonnés à l'entrée de gamme. Cette distinction permet à Google de couvrir l'ensemble du marché sans cannibaliser ses propres produits.
L'enjeu principal pour Google réside dans la capacité d'Aluminium OS à séduire les utilisateurs. Si l'écosystème logiciel parvient à attirer les applications indispensables, les Googlebook pourraient s'imposer comme une alternative crédible. Sinon, la gamme risque de rester un produit de niche, malgré ses atouts technologiques.
Aluminium OS : l'atout ou le talon d'Achille ?
Un représentant d'Asus a qualifié l'arrivée des Googlebook de « choc pour l'ensemble de l'industrie ». La réussite de cette contre-offensive dépendra de plusieurs facteurs : la qualité des machines, l'adoption par les consommateurs et la capacité de Google à fédérer un écosystème logiciel complet. Une chose est sûre : le marché des ordinateurs premium s'apprête à vivre une transformation majeure.
- Numerama
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