Un dispositif permettant aux plateformes numériques de repérer les images pédopornographiques dans les échanges des utilisateurs a été réinstauré. La Haute-commissaire à l'Enfance, Sarah El Haïry, a salué ce samedi 1er août cette remise en service, tout en mettant en garde contre un simple compromis.

L'Union européenne a autorisé le 23 juillet, pour la seconde fois, la détection des contenus à caractère pédopornographique dans les conversations des utilisateurs, à l'exception de celles protégées par un chiffrement de bout en bout. Ce cadre, temporaire, ne s'appliquera que jusqu'en avril 2028.

Un vide juridique de quatre mois

Entre début avril et la fin juillet, les plateformes opéraient dans un vide juridique après l'expiration du précédent dispositif.

Chaque signalement peut sauver un enfant. Mais un demi-pas ne suffit pas.

Pourtant, la Haute-commissaire refuse de se contenter d'une mesure partielle. « Nous ne nous satisfaisons pas d'un demi-pas », a-t-elle martelé, soulignant que « les criminels, eux, n'attendent pas. Ils contournent, innovent, se déplacent vers les zones grises ».

« Les débats doivent aller plus loin pour combler les failles qui subsistent et bâtir un cadre durable, efficace et protecteur », a-t-elle insisté. Elle a détaillé les pistes à explorer : renforcer la coopération entre États, plateformes et services d'enquête, investir davantage dans les moyens d'investigation, développer des outils de détection plus performants.

La Haute-commissaire a également insisté sur l'accélération du retrait des contenus, l'amélioration du signalement, le renforcement de la prévention et la protection des victimes.

Les criminels innovent. Les États doivent anticiper.

Elle a rappelé que la lutte contre ces contenus illicites ne peut se limiter à des mesures ponctuelles. « Combler les failles, c'est aussi continuer à investir dans les capacités d'investigation et à moderniser les outils de détection », a-t-elle conclu.

Les failles d'un cadre temporaire

La remise en place de l'outil s'inscrit dans un contexte où les signalements de contenus pédopornographiques ont fortement augmenté ces dernières années. Selon les dernières données disponibles, plus de 45 millions de signalements ont été recensés en 2023, un chiffre en hausse de 20 % par rapport à 2022.

Sources :
  • BFMTV

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