Le parquet de Bordeaux a révélé ce jeudi 30 juillet l’ouverture de 22 procédures pour des vols par effraction commis dans des habitations évacuées en raison des incendies en Gironde. Sur ces 22 affaires, 17 ont été traitées en secteur gendarmerie et 5 en secteur police. Le parquet invite les victimes potentielles à contacter immédiatement les forces de l’ordre en composant le 17, tout en recommandant de ne pas manipuler les ouvertures forcées ou les traces repérées à l’intérieur comme à l’extérieur des logements.
Ces faits surviennent alors que 220 000 personnes ont été évacuées dans le département depuis le départ du feu de Saumos le 22 juillet, qui a déjà ravagé 42 000 hectares. Le parquet précise également que sept procédures ont été ouvertes pour des départs de feu dont l’origine volontaire est la piste privilégiée. Les zones concernées s’étendent de La Teste-de-Buch à Le Barp en passant par Le Pian-Médoc, Marcheprime ou encore Cestas.
Une criminalité opportuniste dans l'urgence
À l’échelle nationale, Laurent Nuñez a rappelé que 275 interpellations ont été réalisées depuis le début des incendies, dont 31 ont conduit à des détentions. Il a souligné que « 70 % des incendies sont criminels ». Ce jeudi, 84 000 habitants de neuf communes autour de Bordeaux ont été autorisés à rentrer chez eux, réduisant à 144 000 le nombre de personnes encore évacuées.
Les autorités ont qualifié de « première journée un peu optimiste » cette avancée, après plus d’une semaine de lutte intense des pompiers. La préfète de Gironde, Sophie Brocas, a salué « une impression de retour vers une vie normale » tout en rappelant que l’incendie reste « stabilisé » mais que deux points actifs persistent sur le cordon dunaire du Porge et au hameau de Claouey, près de Lacanau.
Côté économique, le ministre de l’Économie a indiqué que près d’un quart des 82 000 salariés empêchés de travailler ces derniers jours ont repris leur activité ce jeudi. Environ 4 000 des 23 000 établissements fermés ou évacués ont rouvert leurs portes. L’autoroute A63 jusqu’à Bayonne a également été réouverte, mais aucun TGV ne circule au sud de Bordeaux jusqu’à dimanche, à l’exception des trains desservant Agen et Toulouse.
Hormis les procédures pour vols et départs de feu, les autorités maintiennent une vigilance accrue sur les risques sanitaires liés à l’inhalation des fumées. Les habitants autorisés à rentrer sont invités à suivre les consignes des services de santé pour limiter les expositions prolongées.
Les enquêtes se poursuivent pour élucider les origines des départs de feu et identifier les auteurs des effractions. Les forces de l’ordre insistent sur l’importance de préserver les traces matérielles pour faciliter les investigations.
Feux criminels : la piste privilégiée
Les pompiers restent mobilisés face aux deux foyers actifs persistants, bien que le front principal de l’incendie soit désormais sous contrôle. La situation reste sous haute surveillance, avec une crainte persistante de reprise des flammes en cas de conditions météorologiques défavorables.
- BFMTV
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