Une double frappe israélienne sur un bâtiment du sud du Liban a fait cinq morts mardi, dont trois membres de la Défense civile libanaise, selon les autorités locales. Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a dénoncé un « crime de guerre » perpétré par Israël, accusant ce dernier de cibler délibérément des secouristes en mission humanitaire.

Les trois victimes, Hussein Ghadbouni, Hussein Sati et Hadi Daher, intervenaient pour porter secours aux blessés d’un premier bombardement à Majdal Zoun. Elles ont été prises sous les décombres après une seconde frappe, avant d’être déclarées mortes. Le ministère de la Santé libanais n’a pas identifié les deux autres victimes, tandis que deux soldats de l’armée libanaise ont également été blessés.

Une méthode de frappe controversée

L’armée israélienne n’a pas encore réagi à ces informations. Pourtant, cette méthode de frappe en deux temps, dite « double tap », est régulièrement utilisée par Israël au Liban et à Gaza. Elle consiste à frapper une première fois une cible, puis à viser les secours et les civils intervenant sur place. Human Rights Watch et Amnesty International ont déjà alerté sur le caractère potentiellement criminel de telles attaques.

Depuis le début du conflit entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, plus de 2 500 personnes ont été tuées au Liban, selon le ministère de la Santé. Parmi elles figurent 103 professionnels de santé, dont au moins 270 femmes et 170 enfants, sans distinction entre civils et combattants. En Israël, deux civils ont été tués par des roquettes du Hezbollah, tandis que 16 soldats et un civil israélien ont péri au Liban.

Le Hezbollah, soutenu et armé par l’Iran, affirme riposter aux multiples violations israéliennes du cessez-le-feu. Le groupe a mené des attaques à la roquette et aux drones contre des positions israéliennes au Liban et en Israël même. Un soldat israélien a été tué dimanche par un drone dans le sud du Liban, tandis qu’un autre a été grièvement blessé lundi. Un contractuel civil du ministère israélien de la Défense a également péri mardi dans une frappe de drone.

Le Liban accuse régulièrement Israël de cibler délibérément les travailleurs humanitaires. La semaine dernière, une frappe israélienne aurait empêché des secouristes d’atteindre le lieu où se trouvait la journaliste Amal Khalil, ensevelie sous les décombres. Les équipes l’ont retrouvée morte. Israël a démenti toute responsabilité dans sa mort. Plus tôt ce mois-ci, trois frappes successives sur des secouristes intervenant après une première attaque avaient fait quatre morts, selon les autorités libanaises.

Kristine Beckerle, directrice adjointe pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord chez Amnesty International, a rappelé dans un rapport publié le mois dernier que « frapper délibérément des médecins en train d’exercer leur fonction humanitaire constitue une violation grave du droit international humanitaire et pourrait relever d’un crime de guerre ».

Un bilan humain qui s’alourdit

Un corridor de 5 à 10 km le long de la frontière, soit environ 5 % du territoire libanais, reste sous occupation israélienne. Les autorités israéliennes affirment vouloir y établir une zone tampon pour protéger les communautés du nord d’Israël. Malgré le cessez-le-feu, les frappes israéliennes se poursuivent, ciblant notamment des infrastructures du Hezbollah dans le sud du Liban et la vallée de la Bekaa, où le groupe dispose de stocks d’armes.

Sources :
  • BBC News

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