« La France, c’est fini pour moi, il me reste quelques mois à tirer dans ce pays et je me tire. » Ces mots, prononcés fin avril par Boualem Sansal lors d’un entretien sur LCI, avaient marqué les esprits. Pourtant, l’écrivain a balayé toute idée de départ lors du Printemps du livre de Montaigu, en Vendée : un simple coup de colère.

« Non, pas du tout . Jamais de la vie . » a-t-il lancé avec véhémence. Français de nationalité, il a souligné l’accueil chaleureux réservé par les passants dans la rue : « Les gens qui m’abordent m’apportent beaucoup de marques de sympathie. » Une réaction qui contraste avec ses critiques acerbes envers le pays ces dernières semaines.

Un revirement sous le feu des projecteurs

De retour en France après sa grâce par les autorités algériennes en novembre 2025, Boualem Sansal avait multiplié les attaques contre l’Hexagone. Dans les colonnes du Figaro, il avait qualifié la France de « pire que la dictature en Algérie ». Ses propos avaient alors enflammé les débats.

« Je suis Français de nationalité » — Boualem Sansal, face aux accusations de trahison.

« Je quitte Gallimard et c’est une immense cabale », a-t-il confié à Ouest-France. « Je suis traîné dans la boue matin et soir dans les journaux. » Convaincu d’être devenu « l’homme à abattre, celui qu’il faut chasser », il dénonce une campagne de dénigrement systématique.

Pourtant, il a salué un signe d’apaisement : le retour de l’ambassadeur de France en Algérie. « Ça signifie qu’il y a une évolution dans le bon sens. Ça signifie aussi surtout que Christophe Gleizes va être libéré dans les prochains jours, on l’espère. » Une lueur d’espoir dans un climat tendu.

La liberté d’expression a-t-elle un prix ? L’affaire Sansal interroge.

Ces déclarations interviennent alors que l’écrivain, figure controversée, oscille entre rejet et attachement à la France. Ses critiques, parfois perçues comme excessives, n’ont pas entamé la ferveur de ses soutiens, qui voient en lui une victime de l’acharnement médiatique.

Entre rejet et reconnaissance

Les tensions entre Boualem Sansal et les institutions françaises, notamment Gallimard, semblent cristalliser une bataille plus large sur la liberté d’expression et la place des intellectuels dans le débat public. Une question qui dépasse le cadre de sa seule personne.

Sources :
  • France Info

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