Depuis son éviction du ministère de la Sécurité intérieure au début du mois de mars, Kristi Noem Noem ne parvient pas à se relever. Son nouveau poste à la tête du Bureau de protection des Amériques, une structure censée coordonner la lutte contre les cartels et l’immigration illégale, tourne au fiasco. Quatre de ses collaborateurs les plus fidèles ont été placés en congé administratif sur ordre de la Maison-Blanche, tandis que les autres membres de son équipe se font de plus en plus rares dans les locaux mis à sa disposition.

Ce repli forcé n’est que le dernier épisode d’une descente aux enfers entamée depuis des semaines. D’abord, des photos compromettantes de son époux, Bryon Noem, se faisant passer pour une femme sur internet, ont alimenté les ragots. Puis des clichés la montrant aux côtés de Corey Lewandowski, une figure controversée proche de Donald Trump, lors d’un dîner officiel au Guyana, ont achevé de ternir son image. Ces révélations ont même soulevé des questions sur les risques de chantage auxquels elle s’exposait en tant que responsable de la sécurité nationale.

Un bureau sans staff ni mission claire

La situation sur le terrain reflète cette déchéance. Son bureau, installé dans un bâtiment exigu de l’Institut pour la paix, peine à fonctionner. Plusieurs sources au sein du département d’État confirment que la structure n’a ni mission claire ni effectifs stables. Les employés, dispersés ou en télétravail, ne savent plus quelle est leur place dans cette organisation improvisée. « Ce poste était conçu comme une porte de sortie discrète pour éviter une humiliation publique », confie un haut fonctionnaire, avant d’ajouter : « Mais personne ne croit qu’elle mérite de rester à ce poste. Le département d’État n’a aucune envie de la voir ici plus longtemps.

Les observateurs s’interrogent sur la légitimité même de cette création. Alors que l’objectif affiché était de renforcer la lutte contre les trafics transfrontaliers, les moyens alloués et les rôles attribués restent flous. Un responsable de l’administration Trump évoque une « pause » dans l’organisation, laissant planer le doute sur l’avenir du bureau. Les effets personnels de Kristi Noem, encore présents dans les locaux du ministère de la Sécurité intérieure, n’ont même pas été transférés : un symbole supplémentaire de son isolement croissant.

L’administration en pause, l’avenir incertain

Les enjeux de cette débâcle dépassent la seule question personnelle. Le Bureau de protection des Amériques, annoncé en grande pompe lors d’un sommet à Miami le 7 mars, devait incarner une nouvelle dynamique dans la politique extérieure américaine. Pourtant, son échec annonce déjà une remise en cause plus large des choix stratégiques opérés par l’administration. Dans l’ombre, les critiques fusent : pourquoi maintenir une structure inutile alors que ses missions pourraient être assurées par d’autres services ? La réponse, si elle existe, se fait attendre.

Sources :
  • Daily Mail

Votre soutien est plus essentiel que jamais.

Cet article vous est offert gratuitement par NATIONO. Notre rédaction garantit son indépendance en refusant toute influence. Votre contribution, même modeste, est le moteur de notre liberté.

Soutenir NATIONO