À Nashville, General Electric Aerospace a tiré la sonnette d'alarme : le budget fédéral pour l'exercice 2027 ne prévoit aucun crédit pour le programme de moteur Improved Turbine Engine (ITEP), malgré son importance stratégique pour l'armée américaine. Or, sans financement complémentaire, la qualification complète du moteur T901, prévue pour 2028, pourrait être retardée. Mike Sousa, responsable du programme T901 chez GE Aerospace, a confirmé devant la presse que « des ressources supplémentaires sont nécessaires » pour boucler la phase d'ingénierie, de fabrication et de développement (EMD), bien que leur ampleur reste bien inférieure aux sommes déjà allouées.

Le programme ITEP, lancé en 2019, vise à doter les hélicoptères Blackhawk et Apache d'un moteur offrant 50 % de puissance en plus et 25 % d'économie de carburant. Pourtant, ce projet a connu des retards en raison des priorités fluctuantes de l'armée et des remises en cause successives de son utilité dans le cadre de la transformation de ses moyens aériens. En 2026, malgré l'absence de crédits dans le budget initial, les parlementaires ont finalement débloqué 175 millions de dollars, complétés par 63 millions supplémentaires, permettant de relancer les tests de qualification.

Un financement insuffisant pour tenir les délais

Pour obtenir sa certification complète, le T901 doit subir 1 500 heures d'essais au sol et près de 5 000 heures de tests supplémentaires avant d'atteindre le niveau de qualification opérationnelle. Si GE Aerospace n'a pas précisé où en était le compteur, Tom Champion, directeur exécutif du programme T901, a souligné que la pleine qualification conditionne l'entrée en service des appareils et leur capacité à atteindre le jalon Milestone C. Les discussions avec l'armée portent désormais sur une éventuelle accélération de la production, initialement prévue pour le troisième trimestre 2029, afin d'atteindre une capacité opérationnelle initiale bien plus tôt.

Les enjeux industriels et stratégiques du T901

La question des coûts et des délais reste un casse-tête pour les autorités américaines. Tom Champion a reconnu que le montant exact des fonds nécessaires échappait à GE Aerospace, dépendant des arbitrages gouvernementaux et des priorités concurrentes, notamment celles liées au constructeur Sikorsky, partenaire industriel du projet. Les discussions en cours pourraient ouvrir la voie à des mesures contractuelles accélérant la livraison des premiers moteurs, mais les délais industriels, de deux à deux ans et demi depuis la commande, restent un obstacle majeur.

Sources :
  • Breaking Defense

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