Le franco-israélien Noam Bettan, favori de l'Eurovision 2024, se retrouve malgré lui au cœur d'une polémique sans précédent. Cinq pays boycottent le concours à Vienne, un jamais-vu dans l'histoire de la compétition. L'Espagne, l'Irlande, la Slovénie, les Pays-Bas et l'Islande refusent de s'y rendre ou de diffuser l'événement, tous en signe de protestation contre la participation d'Israël. Depuis 2023, le pays est accusé de dévaster Gaza.

Un précédent historique

À Vienne, des manifestants ont perturbé les répétitions et déployé des cercueils symboliques d'enfants palestiniens dans les rues du centre-ville. Pour Israël, l'Eurovision est devenu un enjeu d'image majeur. Selon le New York Times, le pays mène depuis deux ans une campagne intensive pour ses candidats, avec des centaines de milliers de dollars investis. Benjamin Netanyahou a même appelé la diaspora à voter massivement pour la candidate de l'an passé.

« D'autres pays ont fait campagne comme Israël. Malte l'an passé, l'Azerbaïdjan l'a fait. Je pense que chaque pays devrait y penser », commente Yaniv Dornbush, journaliste israélien chez Walla et spécialiste de l’Eurovision. Depuis sa création en 1956, le concours a souvent servi de tribune politique, bien au-delà des notes et des paillettes.

L'Eurovision n'est plus un concours de chant. C'est un champ de bataille politique.

L'Autriche avait déjà refusé de se rendre à l'Eurovision à Madrid en 1969 pour protester contre la dictature de Franco. En 1975, la Grèce annulait sa participation en Suède pour s'opposer à la présence de la Turquie, alors engagée dans l'invasion de Chypre. Sur scène, les artistes ont aussi utilisé l'Eurovision comme caisse de résonance : en 2009, un groupe géorgien avait chanté « We don't want to put in », un jeu de mots contre Vladimir Poutine, avant que la chanson ne soit jugée trop politique et retirée.

La Russie a été exclue en 2022 après l'invasion de l'Ukraine. Face aux polémiques répétées, l'Eurovision a durci ses règles : les téléspectateurs ne peuvent plus voter que dix fois, contre vingt auparavant, et les gouvernements et diffuseurs ne peuvent plus mener de campagnes de promotion pour influencer les votes. Pourtant, les alliances entre pays voisins, partageant langue ou culture, persistent et faussent parfois l'équité du concours.

Depuis 1956, la politique a toujours été présente. Mais en 2024, elle domine.

L'Eurovision, miroir des conflits

Pour certains, l'Eurovision reste avant tout une compétition artistique. Pour d'autres, il est devenu un miroir des tensions géopolitiques. Le boycott de 2024 marque une nouvelle étape dans cette évolution, où la politique pèse plus lourd que les mélodies.

Sources :
  • France Info

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