Le think tank préféré d’Andy Burnham, Premier ministre britannique, vient de tirer un signal d’alarme : le gouvernement britannique s’engage dans une accumulation de dette qui pourrait devenir ingérable pour les générations futures. Selon une nouvelle analyse de l’Institute for Public Policy Research (IPPR), un cinquième des impôts payés par les Britanniques nés dans les quinze prochaines années — baptisés « Génération Bêta » — pourrait être englouti par le seul paiement des intérêts de la dette publique d’ici 2075.
Dans le scénario le plus probable, les intérêts de la dette pourraient représenter 21 % des recettes publiques britanniques d’ici 2075. Dans le pire des cas, cette proportion pourrait atteindre 47 %, un niveau qualifié de « paralysant » par l’IPPR. Le think tank de gauche souligne que le Royaume-Uni se trouve actuellement sur une trajectoire « non durable sur le plan fiscal ».
L’héritage empoisonné de la Génération Bêta
Le directeur de l’IPPR, William Ellis, a précisé que le cadre fiscal actuel n’est « pas adapté à sa mission ». Il a ajouté que, sur la trajectoire actuelle, le gouvernement consacrera « un euro sur cinq » de ses recettes au seul remboursement des intérêts. « Ce n’est pas un appel à modifier dès maintenant le chemin d’emprunt », a-t-il tempéré, insistant sur la nécessité de respecter les règles budgétaires en vigueur jusqu’à la fin de la législature.
L’IPPR recommande cependant au gouvernement de préparer, dès la prochaine législature, un nouveau cadre fiscal permettant de financer des projets de long terme comme les programmes de résilience climatique. Le think tank, qui exerce une influence majeure au sein du Labour, compte parmi ses anciens membres des figures clés du gouvernement Burnham, comme son directeur de cabinet James Purnell ou la ministre de l’Énergie Miatta Fahnbulleh.
Le chancelier de l’Échiquier, John Healey, et le Premier ministre Andy Burnham se sont engagés à respecter les règles budgétaires actuelles. Pourtant, la pression pourrait s’accentuer pour que le chancelier revoie sa copie lors du prochain budget d’octobre, soit en augmentant les impôts, soit en assouplissant les règles d’emprunt pour financer les promesses de dépenses du gouvernement.
Le chancelier de l’Échiquier a réagi à ces alertes en réaffirmant que « la discipline fiscale est la pierre angulaire de la stabilité économique et de la sécurité nationale ». Il a assuré que le gouvernement respectera ses règles budgétaires tout en constituant une marge de sécurité face aux incertitudes économiques.
Le chef de l’opposition conservatrice, Sir Mel Stride, a vivement critiqué la gestion de la dette par le gouvernement. « Même le think tank préféré d’Andy Burnham reconnaît que les travaillistes accumulent une montagne de dettes à transmettre aux générations futures », a-t-il lancé. Il a accusé les ministres de refuser de maîtriser les dépenses par manque de fermeté face à leurs propres députés, qu’il qualifie de « dépensiers invétérés ».
Un think tank influent face à ses contradictions
L’IPPR a précisé qu’il ne préconise pas de modification immédiate des règles d’emprunt, car « le risque d’une hausse des coûts d’emprunt rendrait encore plus coûteuse toute dérive ». Le think tank insiste sur la nécessité de réformer le cadre fiscal après les prochaines élections, une fois les règles actuelles respectées, pour mieux équilibrer investissements à court terme et enjeux de long terme.
- Daily Mail
Votre soutien est plus essentiel que jamais.
Cet article vous est offert gratuitement par NATIONO. Notre rédaction garantit son indépendance en refusant toute influence. Votre contribution, même modeste, est le moteur de notre liberté.
Soutenir NATIONO


