Le gouvernement britannique a dévoilé un projet ambitieux visant à dissocier partiellement le prix de l'électricité des cours volatils du gaz naturel. Une mesure présentée comme un rempart contre les chocs énergétiques liés aux conflits internationaux, alors que la crise au Moyen-Orient a rappelé la vulnérabilité des économies occidentales aux aléas des marchés fossiles.
Dans le cadre de cette réforme, les centrales renouvelables les plus anciennes seront progressivement placées sous contrats à prix fixe, au lieu du système actuel où leurs revenus dépendent des prix du gaz. Le gouvernement espère que cette transition pourra être menée d'ici un an, afin de limiter l'impact des hausses brutales des énergies fossiles sur les factures des ménages. Bien que Londres n'ait pas chiffré les économies potentielles, il assure que les gains pourraient être « significatifs ».
Des centrales renouvelables sous contrat fixe pour stabiliser les prix
Le secrétaire d'État à l'Énergie, Ed Miliband, a souligné l'objectif de sécuriser l'approvisionnement national tout en réduisant durablement les coûts. « Nous devons sortir du manège des énergies fossiles », a-t-il déclaré, tandis que son homologue travailliste Keir Starmer a mis en avant la stabilisation des budgets familiaux. Pourtant, le système actuel maintient un lien structurel entre électricité et gaz, car le prix de gros de l'électricité est fixé par la dernière unité produite pour répondre à la demande – souvent issue de centrales à gaz en cas de faible production renouvelable.
Pour inciter les producteurs d'énergies renouvelables à adopter ces nouveaux contrats, le gouvernement a également relevé la « windfall tax » de 45 % à 55 % sur les profits exceptionnels générés par les pics de prix du gaz. Cette taxe, introduite en 2023, cible spécifiquement les installations renouvelables anciennes dont les marges explosent en période de tension sur les marchés fossiles. Par ailleurs, des assouplissements des règles d'urbanisme sont envisagés pour faciliter l'installation de panneaux solaires par les entreprises et le déploiement de bornes de recharge pour véhicules électriques, notamment dans les zones dépourvues de places de stationnement privatives.
Taxer les profits excessifs pour accélérer la transition
Pourtant, l'opposition critique vivement ces mesures. Claire Coutinho, porte-parole conservatrice à l'Énergie, a dénoncé un « empilement de coûts » sur les factures, évoquant les taxes et redevances qui s'ajoutent déjà au prix de gros. De leur côté, les Verts saluent une avancée mais jugent le gouvernement trop lent, tandis que Plaid Cymru appelle à une rupture plus radicale avec les marchés fossiles. La réforme devra désormais faire l'objet de consultations avant une mise en œuvre prévue dans un délai d'environ douze mois.
- BBC News
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