KHIAM, Liban — Les officiers de Tsahal ont révélé mercredi l’existence d’un réseau de tunnels sophistiqué construit par le Hezbollah sous une association caritative islamique à Khiam, dans le sud du Liban. Le complexe, situé à cinq kilomètres de la frontière israélienne, abritait des infrastructures militaires et des caches d’armes, selon les militaires israéliens. Une visite organisée par l’armée a permis de constater l’ampleur des aménagements souterrains, bien plus élaborés que ceux du Hamas à Gaza.

« La menace des drones est strictement tactique, elle n'est pas stratégique », a précisé un commandant de compagnie du bataillon Tzabar, dépendant de la brigade Givati. « Je fais exprès de le dire parce que j'ai moi-même de la famille, à la maison, qui s’inquiète peut-être de la menace des drones — une menace qui, je dois le dire, a été exagérée.

Un complexe militaire sous couvert humanitaire

Pourtant, l’armée israélienne reste en alerte. Le code d’alerte « Jackhammer », déclenché en cas de détection d’un drone hostile, a retenti à plusieurs reprises pendant la visite. Les journalistes présents ont dû se réfugier dans un bâtiment endommagé après une alerte. Tsahal affirme avoir abattu deux drones présumés du Hezbollah dans la journée.

« La lâcheté de l’ennemi se mesure à la distance de ses attaques. »

Depuis le cessez-le-feu du 16 avril, quatre soldats israéliens et un civil ont été tués par des drones du Hezbollah. Jeudi, trois civils ont été blessés, dont deux grièvement, lors d’une attaque près de Rosh Hanikra. « Depuis le 7-Octobre, nous n’avons plus le droit de négliger aucune menace », a souligné l’officier. « Nous ne prenons pas cela à la légère — pas une seconde.

Les soldats israéliens ont découvert un tunnel principal à 25 mètres sous terre, soutenu par des charpentes métalliques. Le souterrain, doté de couloirs s’étendant sur des dizaines de mètres, abritait des groupes électrogènes, des systèmes d’alimentation en eau et des réserves de vêtements, dont des habits pour enfants. Des tapis de prière et des pots de Nutella y étaient également entreposés.

« Les tunnels de Gaza sont bas et sablonneux, surmontés d’arcs en béton. Ici, c’est différent : il y a une relativement belle hauteur de plafond, creusé dans la roche », a expliqué un officier. Le réseau permettait aux combattants du Hezbollah de se déplacer sans être repérés entre les postes de tir et les bâtiments.

Des tunnels plus élaborés que ceux de Gaza, mais une menace jugée « tactique ».

Le bataillon Tzabar a repris Khiam en mars dernier, après des combats ayant fait six morts parmi les terroristes du Hezbollah. La ville, autrefois peuplée de près de 30 000 habitants, est désormais déserte. « Nous ne pouvons pas nous payer le luxe de quitter la région tant qu’il n’y aura pas de solution qui permettra de faire totalement disparaître la menace », a affirmé un officier.

La stratégie du Hezbollah face à Israël

Les destructions sont visibles dès l’entrée de Khiam : des maisons en pierre gisent en tas irréguliers, d’autres se dressent de manière bancale. À Marjayoun, ville à majorité chrétienne, les toits rouges des maisons résistent encore, contrastant avec les ruines des zones chiites voisines.

Sources :
  • Times of Israel

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