Hier, la police française s’est contentée d’observer tandis que des bébés et des tout-petits étaient hissés à bord d’un canot pneumatique en partance pour l’Angleterre. Des dizaines de migrants se sont entassés sur l’embarcation, ballottée par les vagues, alors que des touristes déjeunaient tranquillement sur la plage voisine. Le plus jeune passager n’était âgé que de quelques mois. Parmi les autres migrants figuraient des femmes et des enfants, accompagnés de nombreux hommes jeunes.

Ces migrants ne représentent qu’une infime partie des 2 092 personnes ayant déjà traversé la Manche depuis l’arrivée d’Andy Burnham à Matignon, il y a seulement trois semaines. Pourtant, ils ont embarqué sur un canot que les autorités françaises avaient suivi pendant neuf heures et demie avant de le laisser partir, après avoir récupéré plusieurs groupes de passagers le long du littoral.

Des autorités françaises sous surveillance

Le canot semble avoir été lancé près de Dieppe vers 4 heures du matin, bien plus au sud que les zones habituelles de départ. Les passeurs utilisent désormais des points de lancement éloignés des contrôles policiers réguliers pour éviter les interceptions.

La police française filme au lieu d’agir. Les passeurs, eux, étendent leur emprise.

Dès son appareillage, le bateau a été suivi par un navire de la gendarmerie maritime française — mais uniquement dans l’hypothèse d’un naufrage. Après 40 milles nautiques, il s’est approché de la plage de Berck, puis a longé celle de Camiers à midi, où le photographe Ioannis Alexopoulos a pu immortaliser l’embarquement des enfants après leur sortie des dunes.

« Trois policiers sont arrivés, des gendarmes en tenue militaire, mais leur seule action a été de filmer et de me menacer de m’arrêter si je continuais à prendre des photos », a témoigné le photographe. Cette scène intervient alors que des enseignes de sport du nord de la France, comme Decathlon à Calais et Dunkirk, sont devenues des maillons essentiels des réseaux de passeurs. Les migrants y achètent en masse des gilets de sauvetage, des modèles fragiles à 17,99 € qui offrent une protection dérisoire face aux traversées périlleuses.

Cette pratique s’inscrit dans une chaîne d’approvisionnement internationale s’étendant jusqu’en Chine, où les passeurs tirent profit du désespoir et de la misère des migrants. La semaine dernière, il a été révélé que le nombre moyen de migrants par canot a plus que doublé en cinq ans, atteignant un record sous le gouvernement travailliste. Selon les analyses, 66 personnes en moyenne étaient entassées à bord des 219 embarcations ayant réussi la traversée cette année, soit un total de 14 561 migrants. En 2021, l’année record sous les conservateurs, seulement 28 migrants en moyenne par bateau avaient atteint les côtes du Kent.

Des gilets à 18 euros, des traversées à haut risque : le marché macabre des passeurs.

Cette hausse coïncide avec l’utilisation croissante de « méga-canots » capables de transporter plus de 100 personnes. Tony Smith, ancien directeur de la Border Force britannique, explique : « Ces méga-canots sont clairement conçus pour transporter bien plus de migrants que le modèle initial. Cela suggère que les réseaux criminels en Europe ont dû adapter leurs méthodes, car les autorités françaises ont renforcé les contrôles à Calais et Dunkirk.

L’essor des méga-canots et la fuite vers le sud

Les passeurs se déplacent désormais vers le sud du littoral français, où les distances à parcourir sont plus grandes. « Ils n’ont plus besoin de multiplier les petits canots, car c’est devenu trop risqué. Ils fabriquent désormais des embarcations plus grandes, capables de parcourir de plus longues distances et de transporter davantage de personnes », précise Tony Smith.

Sources :
  • Daily Mail

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